Empathie ou « amour du prochain » ?

par Joël Hillion

Nouveau contributeur de notre blogue, Joël Hillion est l’auteur de plusieurs essais : Shakespeare et son double, une traduction et des commentaires des Sonnets de ShakespeareLe désir mis à nu et dernièrement L’alter de mon ego

Dans la définition du « prochain », il y a souvent erreur de perspective, nous tombons sur l’éternelle inversion des valeurs chrétiennes. Mon prochain n’est pas celui à qui je fais du bien – ça, c’est la définition de la charité. Mon prochain est celui qui me fait du bien ! C’est celui dont je dépends. La référence unique et fondamentale au prochain se trouve dans la Parabole du bon Samaritain, telle qu’elle est rapportée par saint Luc au chapitre 10. La question posée à Jésus est explicite : « Qui est mon prochain ? » demande un disciple. La réponse l’est tout autant : « Celui-là qui a pratiqué la miséricorde à [ton] égard. »  On peut traduire aussi : « celui qui t’a aimé ». Je suis donc censé aimer celui qui m’a assisté, celui qui m’a soutenu, celui qui « ne s’est pas écarté de moi ». C’est pour cela qu’il est impossible de ne pas aimer sa mère. C’est toujours l’AUTRE qui fait que je suis JE. Ce n’est pas ma dépendance que j’aime. Mais, de ma dépendance peut naître un amour bon. Le seul amour que j’ai à manifester, c’est ma reconnaissance. Attention encore à la tromperie des mots. Reconnaissance ne signifie pas seulement remerciement, même si Françoise Dolto la définit comme une « dette d’amour ». Il faut comprendre la reconnaissance comme « se » reconnaître dans l’AUTRE, et connaître qu’on est aimé ! À voir comment vivent les habitants de notre planète, cela paraît la chose la plus improbable. Pourtant Françoise Dolto précise : « L’amour vrai ne crée aucune dépendance. »  En effet, c’est le contraire qui est vrai, la dépendance crée l’amour. Encore une « inversion des valeurs chrétiennes » qu’il faut manipuler avec précaution.

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Djihadisme : le retour du sacrifice

Le 27 octobre dernier, Jacob Rogozinski est venu présenter son dernier livre Djihadisme : retour du scacrifice (Editions DDB, 2017) à la librairie Millepages de Vincennes. Nous donnons ici quelques extraits de la rencontre.

 

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Une bonne nouvelle pour commencer l’année

par Hervé van Baren

Le New York Times publiait récemment un article intitulé « Why 2017 Was the Best Year in Human History »(1)  (Pourquoi 2017 a-t-elle été la meilleure année de l’histoire de l’humanité). L’auteur fait le constat que chaque jour la pauvreté recule, et que le progrès est toujours en marche et bénéficie à une proportion sans cesse plus grande d’habitants de la planète. Pourtant, nous avons le sentiment d’une régression généralisée.

Les statistiques de crime en Europe Occidentale n’ont jamais été aussi basses, en particulier les homicides. Pourtant, nous avons l’image d’une violence en recrudescence.

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Les apports de René Girard à la théologie

En septembre 2017, nous avons interrogé James Alison afin qu’il nous présente en quelques minutes, les principaux apports de la pensée de René Girard à la théologie concernant : la relation entre la Bible et les Evangiles ; la violence explicite de certains textes bibliques qui peut être lue comme une autocritique de la violence ; le renversement de la logique sacrificielle ; la générosité absolue de Dieu qui se révèle comme Père.

 

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Le triangle dramatique : victime, persécuteur et sauveur

par Jean-Marc Bourdin

L’analyse transactionnelle (AT) fut fondée et conceptualisée dans les années 1950-1960 par le psychothérapeute critique de la psychanalyse Eric Berne. Elle est aujourd’hui une ressource théorique qui reste très employée par les consultants et formateurs en ressources humaines ainsi que par de nombreux psychothérapeutes adeptes des thérapies brèves.

Dans la lignée de Freud et malgré les critiques qu’il lui adressait, Eric Berne prit les relations parents / enfants comme modèle pour décrire de manière simple et compréhensible pour ses patients ou stagiaires l’ensemble des rapports humains dysfonctionnels. Divers « états du moi » se combinent pour produire des interactions : les parents adoptent des attitudes normatives ou nourricières, les enfants sont réputés libres, adaptés-soumis ou adaptés-rebelles. Par contraste, sont promues des relations d’adulte à adulte, fondées sur une prise en compte exacte du réel et, de ce fait, non toxiques.

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Mythologie : Girard encore partout et, comme toujours, presque nulle part…

par Jean-Marc Bourdin

Un imposant Dictionnaire critique de mythologie par Jean-Loïc Le Quellec, anthropologue et préhistorien, et Bernard Sergent, historien et président de la société de mythologie française, vient de paraître aux éditions du CNRS en 2017. Cet ouvrage traite des mythes, des mythologues et des concepts communs aux mythes sans proposer d’entrée pour traiter d’un mythe particulier, sauf quelques exceptions (qui ont acquis un statut de catégorie comme Œdipe et Orphée) : le lecteur n’y trouvera par exemple pas l’exposé du mythe de Sisyphe mais ce dernier sera cité, entre autres, à l’article « Démesure » : au total pas moins de 1 400 entrées concernant des récits mythiques de plus de 1 300 peuples.

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Le désir mimétique d’amis

Comme souvent, le site TheConversation nous offre une analyse qui ne peut que nous interpeller sous le titre « Il a plus d’amis que moi » ou pourquoi nous envions la vie sociale des autres » :

https://theconversation.com/il-a-plus-damis-que-moi-ou-pourquoi-nous-envions-la-vie-sociale-des-autres-88451

Le (mauvais) génie de Facebook est de faire porter le désir sur une quantité d’amis plutôt que sur la qualité des amitiés. La comparaison s’objective dans le nombre et le compteur des « like » collectés, rendant possible une rivalité… et un risque de déception. Des stratégies d’augmentation des collections d’amis conduisent d’ailleurs certains à solliciter des personnes croisées virtuellement et furtivement pour en faire des « amis Facebook ». Et un.e de plus ! Pour la recherche d’emplois, LinkedIn procède de la même manière. Les deux sites proposent à leurs abonnés des personnes qu’ils sont susceptibles de connaître et / ou qu’ils auraient à contacter.

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De qui se venge-t-on ?

par Thierry Berlanda

Dans Le Procès de Vichy*, Fred Kupferman cite les termes suivants  de l’historien Jean-Pierre Rioux : « Si l’on veut clôturer le chapitre de la vengeance, il faut choisir une victime expiatoire ». Paru en 1980, en un temps où la pensée de René Girard avait commencé à colorer le paysage intellectuel français, cette étude révèle la raison d’être de l’expiation, en des termes empruntés aux Mémoires de Guerre,  de De Gaulle, et résumées ainsi : « L’appareil de justice agit au nom du peuple, pour que le peuple n’agisse pas. »

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« miMésis » ou le théâtre comme art girardien

par Jean-Marc Bourdin

En peu de temps, trois créations théâtrales viennent utilement nous rappeler les rapports étroits que cet art entretient avec la théorie mimétique.

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L’affrontement entre Mediapart et Charlie Hebdo

par François Hien

   Le débat public en France est rarement au niveau des questions qu’il prétend traiter, on le sait. Mais nous ne sommes jamais au bout de nos surprises. La violence et l’approximation qui ont régné dans l’affrontement entre Charlie Hebdo et Mediapart étaient proprement sidérantes. De part et d’autre, les rivaux en ont oublié l’objet dont ils débattaient (et qui n’était d’ailleurs pas véritablement défini : est-ce l’islam ? l’islamisme ? le terrorisme ?) et ne voulaient qu’une chose : en découdre avec l’autre.

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