par Jean-Marc Bourdin
En peu de temps, trois créations théâtrales viennent utilement nous rappeler les rapports étroits que cet art entretient avec la théorie mimétique.
Continuer à lire … « « miMésis » ou le théâtre comme art girardien »
par Jean-Marc Bourdin
En peu de temps, trois créations théâtrales viennent utilement nous rappeler les rapports étroits que cet art entretient avec la théorie mimétique.
Continuer à lire … « « miMésis » ou le théâtre comme art girardien »
par François Hien
Le débat public en France est rarement au niveau des questions qu’il prétend traiter, on le sait. Mais nous ne sommes jamais au bout de nos surprises. La violence et l’approximation qui ont régné dans l’affrontement entre Charlie Hebdo et Mediapart étaient proprement sidérantes. De part et d’autre, les rivaux en ont oublié l’objet dont ils débattaient (et qui n’était d’ailleurs pas véritablement défini : est-ce l’islam ? l’islamisme ? le terrorisme ?) et ne voulaient qu’une chose : en découdre avec l’autre.
Continuer à lire … « L’affrontement entre Mediapart et Charlie Hebdo »
Par Hervé Van Baren
54 ans, de nationalité franco-hollandaise , habite en Belgique. Marié et père d’un fils de 25 ans, il est actuellement :
Président de l’association Sortir de la Violence (une ASBL, l’équivalent belge d’une association loi 1901) . SdV organise des formations à la non-violence tant dans la sphère chrétienne que pluraliste. Plusieurs ouvrages sont parus dans la collection « Sortir de la Violence » aux éditions Fidélité. Continuer à lire … « La laideur cachée du réel »
Par François Hien
A partir du 2 décembre prochain, une nouvelle traduction du Notre Père sera en vigueur dans les églises françaises. Au lieu de murmurer « Ne nous soumets pas à la tentation », les chrétiens diront : « Ne nous laisse pas entrer en tentation ».
Ce glissement de signification n’est pas anodin. Nous n’en finissons pas de devenir chrétien. La traduction nouvelle révèle une appréhension plus fine de ce skandalon dont le Christ invite à se détourner. La figure de Dieu qui se dessinait implicitement à travers l’ancienne traduction était celle d’un Dieu poussant à la faute, puis punissant ceux qui s’y sont laissé prendre. Un Dieu tentateur – celui dont Girard dénonçait la conception, dans Des choses cachées depuis la fondation du monde : un Dieu nous faisant payer le sacrifice sanglant de son fils, qu’il aurait lui-même ordonné. À présent, Dieu n’a plus de responsabilité dans nos péchés ; nous Lui demanderons seulement de nous donner la force d’y résister.
Dieu n’est pas là pour nous éprouver, vérifier la solidité de notre foi en nous précipitant dans des pièges. C’est le diable qui tente – et le diable n’a pas d’être, il n’est rien d’autre que l’entraînement mimétique lui-même. Nous sommes agis par un mécanisme qui nous dépasse, et notre liberté repose sur notre capacité à lui résister, à inverser la polarité de la réciprocité négative en instaurant le premier geste de la réciprocité positive – sans en passer par le sacrifice, dont c’était la fonction dans le monde archaïque[1]. L’exigeante éthique chrétienne repose sur cette recommandation : résister à cet enchaînement mimétique dont on se croit toujours excusé puisqu’il nous précède ; résister à cette chaîne de violence dont on se croit innocent puisqu’on n’en est qu’un maillon. Résister au mimétisme délétère pour instaurer son contraire, le cercle vertueux du don.
Continuer à lire … « « Ne nous laisse pas entrer en tentation » »
Par Bernard Perret
L’ouvrage à succès de Jacques Lecomte La Bonté humaine (Odile Jacob 2014) constitue une provocation stimulante pour les girardiens. À première vue, il prend l’exacte contre-pied du pessimisme apocalyptique de Girard. Pour résumer, la conviction de l’auteur est que l’être humain est foncièrement bon : « À côté de tendances potentiellement agressives chez l’être humain sont présentes, et d’une manière plus importante encore, des tendances à l’empathie, à l’altruisme et à la coopération. » Pour étayer ce point de vue, l’auteur commence par accumuler les résultats d’études empiriques et les exemples concrets, en décrivant des situations « où l’on s’attendrait à ce que la violence et le « chacun pour soi » dominent, alors que c’est le contraire qui se produit. Des personnes en sauvent d’autres au risque de leur vie ; des individus violents changent radicalement d’orientation après avoir rencontré des personnes qui ont su reconnaître leur fond de générosité ; d’autres pardonnent des actes d’une grande violence dont ils ont été les victimes, etc. » Dans un second temps, il s’appuie sur les sciences dures pour étayer son propos, principalement l’éthologie (en critiquant les thèses de Konrad Lorenz), la neurologie (les neurones miroirs) et l’économie expérimentale.
Continuer à lire … « Sommes-nous intrinsèquement bons… ou violents ? »
Ce petit message pour vous informer de la sortie d’un ouvrage collectif de 550 pages publié sous la direction des théologiens James Alison et Wolfgang Palaver dans la deuxième quinzaine de novembre 2017 : The Palgrave Handbook of Mimetic theory and Religion.
Continuer à lire … « Une nouvelle publication sur la théorie mimétique et la religion »
par Christine Orsini
La scène se passe dans un salon parisien, où l’on cause entre girardiens.
Personnages, par ordre d’entrée en scène : Cléanthe, énarque et docteur en philosophie politique. Léandre, homme d’affaires très branché. Arsinoé, retraitée de l’Education Nationale. Philinte, éminent phénoménologue, auteur de thrillers décapants. Maître Pierre, théologien.
Cléanthe : Mon cher Léandre, je peux vous le confier puisque nous sommes entre nous, jusqu’à ces jours derniers, j’ignorais à la fois l’existence et les turpitudes de ce type qui fait la une des journaux, Weinstein. Je ne fréquente pas le milieu du cinéma, comme vous.
Léandre : Oh, moi, c’est pour les affaires…
Cléanthe : Je n’en doute pas. Personne n’a encore cité votre nom. Mais enfin, je crois qu’on a ouvert la boîte de Pandore et qui peut savoir quand et comment on va refermer le couvercle ? Ne faut-il pas faire un état des lieux, en tant que girardiens spécialistes du mécanisme du bouc émissaire, nous allons être sollicités par les médias, non ?
Léandre : Pas sûr. Les médias citent le nom de Girard quand ils jugent qu’il s’agit d’un phénomène de bouc émissaire, pour faire comme s’ils en savaient plus que le vulgum mais ils ne veulent surtout pas en savoir plus ! Et là, personne ne parle de « lynchage », on estime que ce type a le sort qu’il mérite. D’accord, on a là un emballement médiatique et mimétique, mais pour la bonne cause, me semble-t-il.
Cléanthe : Oui, c’est ce que je pense : le bouc émissaire est un innocent qui prend pour les autres et là, on tient un coupable qui ne songe même pas à nier les faits. Ce cas fait tout de même réfléchir : l’unanimité de l’accusation ne serait pas toujours un argument en faveur de l’accusé ? Même pour l’affaire du Sofitel, les positions étaient moins tranchées, on parlait d’un complot…
On sonne à la porte d’entrée. Entrent Arsinoé et Philinte. Politesses d’usage.
Continuer à lire … « La chasse à l’homme, scène 1 de l’acte II »
Nous donnons la parole à Michel Eltchaninoff , rédacteur en chef adjoint de Philosophie Magazine
Continuer à lire … « Quand René Girard donne du sens à l’exclusion politique d’Edouard Philippe »
Un entretien de Jean-Pierre Dupuy paru dans le « 1 » ce jour :
https://le1hebdo.fr/journal/numero/173/la-bombe-nous-protge-parce-qu-elle-nous-menace-2467.html
par Jean-Marc Bourdin le 2 octobre 2017
Dès Mensonge romantique et vérité romanesque, René Girard avait proposé une histoire de la médiation du désir, la faisant passer de l’externe non-rivale à l’interne où le modèle était susceptible de se muer en rival pour faire obstacle au désirant. Au terme de sa réflexion, il avait imaginé avec Benoît Chantre dans Achever Clausewitz une médiation intime qui aurait intégré l’imitation du Christ pour nous protéger des affres et dangers d’un désir mimétique à l’orientation déviée. Mais à côté de cette espérance salvatrice, celle que suggère l’aphorisme d’Hölderlin plusieurs fois répété dans l’ouvrage, il est probable que la médiation poursuive sa course vers un tropisme plus périlleux pour l’humanité. Si la médiation intime n’est pas (suffisamment) contagieuse, ce qui est à redouter, une autre au succès plus probable est en train de se diffuser à vue d’œil sans qu’elle soit pour autant envisagée comme la forme post-moderne, voire trans-humaine, de la médiation.