Cinéma, cinéma

L’Association Recherches Mimétiques est une amie du cinéma, en particulier celui dans lequel se décèlent des accents girardiens.

Ce message pour vous convier à une petite visite à notre page « L’émissaire fait son cinéma ». Elle a l’ambition de répertorier les films particulièrement illustratifs  de la théorie mimétique. Et nous comptons sur vous pour l’enrichir : le site vous permet de déposer des titres que vous aimez et où vous détectez « du Girard »…

Le lien vers la page : https://emissaire.blog/le-blog-fait-son-cinema/

Relire le relié

par Olivier Joachim

Lors du décès de Michel Serres, Benoît Chantre avait publié sur notre blogue un hommage qui a touché beaucoup d’entre vous. À l’occasion de la publication de son ultime essai, Relire le relié, Olivier Joachim, professeur de physique en classe préparatoire au lycée Saint Louis à Paris, qui était un proche de Michel Serres, nous offre un bel article et nous invite à lire cet ouvrage. Il est également un Girardien de longue date, notamment par sa famille, qui connaissait en Avignon René Girard et son père.

De la dédicace à Suzanne, feue son épouse, exemple de sainteté, jusqu’à la signature finale qui embrasse plus de sept décennies, Michel Serres, né à la philosophie sous les aurores nucléaires d’Hiroshima, nous offre, par son ultime ouvrage, l’œuvre de toute une vie. Tant il contient et enrichit l’ensemble de sa pensée, nous comprenons mieux à présent pourquoi ce livre lui tenait tant à cœur. Plus intime que tous les autres, il s’exprime davantage à la première personne et ose même quelques confidences très émouvantes.

« Je crois et je ne crois pas, presque en même temps », oscillations de foi qui l’amène à cet aveu poignant : « La religion de mon adolescence me manque. Je reste inconsolable de l’avoir perdue. »

Un des objectifs réussis de ce dernier livre consiste donc à « rendre au christianisme les trésors qui réjouirent ma jeunesse ».

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« Le fils de Joseph » d’Eugène Green : un triangle parfait

Le fils de Joseph affiche

par Benoît Chantre

Un jour viendra où l’on ne dira plus, devant un film d’Eugène Green, que le bruit d’un tiroir est une citation de Bresson, que les jambes vues en train de descendre un escalier sont une citation de Bresson, que le petit âne sur la plage se retournant vers le spectateur est une citation de Bresson. Il y a une manière de ne pas vouloir voir qui consiste à voir des citations à la place de ce qu’on n’avait pas vu. Depuis que Bergotte, suivant les conseils d’un critique, est mort foudroyé par un « petit pan de mur jaune », nous avons pris l’habitude de ne regarder les œuvres que dans les marges, à côté de ce qu’elles donnent réellement à voir. Eugène Green, lui, filme ce qui a lieu, dans l’émotion qui bouleverse un visage ou la présence intérieure qui jaillit d’une voix très retenue. Il est toujours « ponctuel » – et donc invisible, puisque n’apparaissent que ceux qui sont en retard sur l’événement et se laissent emporter dans le tourbillon de la vie mondaine. Comme l’écrit Pascal, pour dire la juste distance à l’œuvre et à l’autre : « Ainsi les tableaux vus de trop loin et de trop près. Et il n’y a qu’un point indivisible qui soit le véritable lieu. » Celui qui est ponctuel « ne réussit pas », comme le déclare l’un des personnages du film. Il est hors champ. Il peut alors montrer ceux qui se montrent, mais aussi les autres, qui sont révélés dans la lumière.

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« Et William devint Shakespeare », de Joël Hillion

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par Jean-louis Salasc

Joël Hillion n’a pas froid aux yeux : compléter Girard, expliquer Shakespeare. C’est le programme de son dernier essai. Plus précisément, il cherche quand et comment le poète anglais a compris la nature « mimétique » du désir. En effet, René Girard avait établi Shakespeare comme visionnaire de la théorie mimétique dans son ouvrage, les « Feux de l’envie ». Joël Hillion, disciple de Girard et passionné de Shakespeare, s’inscrit bien sûr dans cette lignée.

Sa thèse est posée dès le début de l’ouvrage : le dramaturge anglais aurait vécu l’expérience intime d’un désir triangulaire ; les Sonnets en seraient à la fois le récit et la prise de conscience. Pour soutenir cette thèse, l’essai propose une lecture croisée des pièces et des sonnets. Celles composées après ceux-ci offriraient un « contenu mimétique » véritable, les précédentes pas, ou peu.

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FLAUBERT ET LE MOLOCH Sacrifier les enfants des autres

Par François Hien, le 27 août 2017

Au cœur de Salammbô, le chapitre décrivant le siège de Carthage m’avait profondément saisi, voici plusieurs années. Il y a une guerre. Un monstre divin. Et des enfants qu’on lui offre. Je me propose de relire ce chapitre à la lumière de Girard.

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