A propos de Donald Trump

Nous vous proposons un intermède avant de reprendre la publication des interventions du colloque « Faut-il avoir peur ? » Mieux, un dialogue entre deux de nos blogueurs, Thierry Berlanda et Bernard Perret.

Bonne lecture

 

Trump : le discours de trop

par Thierry Berlanda

Nous avions été nombreux à penser, bien que n’ayant pas de sympathie politique ni personnelle pour Donald Trump, que sa victoire à l’élection présidentielle de l’année dernière n’était pas une aberration, ni logique ni politique, et qu’il convenait au contraire d’en dégager la rationalité. En l’occurrence, l’écœurement suscité dans la population, à tort ou à raison, par la caste régnante, aux membres interchangeables et pleins de morgue,  s’était traduit en une sorte de jacquerie à l’échelle de l’Empire : Donald Trump avait été l’emblème de cette ruade populaire contre la collusion financière et le dogme universaliste néo-wilsonien.

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Le cas Pennac

par Jean-Marc Bourdin

À l’occasion de la publication par Daniel Pennac en décembre 2016 aux éditions Gallimard de Le cas Mallaussène. Tome I : Ils m’ont menti.

Après avoir lu Mensonge romantique et vérité romanesque, probablement en 1980, je m’étais demandé comment il serait encore possible d’écrire un roman. Primo, SI seuls les romanciers géniaux dans leurs meilleurs romans touchaient à l’essentiel, c’est-à-dire le caractère mimétique du désir, postulat de départ ou point d’arrivée de la démonstration de René Girard ; secundo, SI Proust et Dostoïevski étaient parvenus aussi loin qu’il était possible à la fiction d’aller dans la révélation du désir selon l’autre ; tertio, SI, de surcroît, l’essayiste Girard avait établi une bonne fois pour toutes l’équation génie = pénétration des mécanismes du désir par des écrivains ayant opéré une conversion, ALORS SOIT on passe à autre chose, SOIT on refait la même chose de manière toujours plus étroite. Le nouveau roman a correspondu à la première branche de l’alternative, l’autofiction est probablement le résultat de la seconde.

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« Moi, président ! »

par Thierry Berlanda

Les vœux télévisés de François Hollande, quel que soit le bilan que nous pouvons dresser de son mandat (il est d’ailleurs probable que sa politique ne fut pas aussi néfaste que ses adversaires de tous bords se sont acharnés à constamment le prétendre), avaient quelque chose d’émouvant, voire de pathétique. Non seulement parce que le président y a tenté une défense quasi désespérée de sa politique, mais aussi et surtout parce que le point d’énonciation du discours présidentiel, soit son principe même et sa structure idéologique, y apparaissaient clairement. Or ce sont ce principe et cette structure, d’ailleurs grandement commune à la gauche et à une partie de la droite, qui suscitent précisément le problème de la fameuse distance séparant le peuple de ses élites (politiques ou autres, en France et dans le monde). Or cet écart, qui fut longtemps nié, s’il est à peu près admis aujourd’hui, reste néanmoins mal compris, et notamment par l’actuel président.

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Notre président de la République, un bouc émissaire en sursis ?

par Jean-Marc Bourdin

François Hollande a décidé de ne pas se représenter à l’élection présidentielle. Des commentateurs s’en étonnent : il aurait dû « défendre son bilan », autant dire se clouer lui-même au pilori. Durant la Ve République, le suffrage universel direct a toujours expulsé son élu. Dès le général de Gaulle, élu ainsi pour la première fois en 1965 et congédié en 1969 par un référendum auquel il avait donné un tour plébiscitaire. François Mitterrand et Jacques Chirac n’ont-ils pas été réélus ? Certes mais privés de leur autorité souveraine par une élection législative intermédiaire, le premier ministre qui était issu de la majorité à l’Assemblée nationale (respectivement Jacques Chirac et Lionel Jospin) ayant été alors sévèrement désavoué à la présidentielle.

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