par François Hien, le 14 mai 2017
La société française est menacée par la violence djihadiste, dont l’origine semble exogène, mais qui trouve des relais opérationnels chez de jeunes Français, de plus en plus nombreux. Les services de police en surveillent un certain nombre. Mais comment prévenir de nouvelles violences ? Faut-il arrêter des jeunes gens qui n’ont (encore) rien fait, sur base de leur pratique religieuse ?
Dans le petit théâtre mimétique où les hommes qui se veulent fermes se donnent de beaux rôles virils, une intervention m’avait frappé, voici bientôt deux ans. Celle de l’avocat Arno Klarsfeld, fils des célèbres « chasseurs de nazis » : il fut celui qui proposa l’enfermement préventif des islamistes radicaux classés S, au mépris de toutes les procédures en vigueur dans un état de droit (rappelons que ce fichage ne relève en aucun cas d’un jugement mais d’une simple décision administrative de police)[1]. Il franchissait là un important seuil symbolique : demander l’enfermement préventif de l’ennemi intérieur, sur base de ce qu’il pourrait faire, et en l’absence de tout jugement, c’est oser un geste d’exclusion d’autant plus transgressif qu’il est sans modèle. À la suite de Klarsfeld, bien d’autres ont embrayé, et cette proposition est devenue récurrente[2] ; mais ces suiveurs ont moins de mérite, si l’on peut dire : il a fallu, pour qu’ils assument cette position, qu’elle fut d’abord émise par un autre, qui servit ensuite de modèle. Et je me suis demandé si c’était un hasard qu’Arno Klarsfled, précisément lui, ait lancé cette première pierre…
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