Göbekli Tepe dédié à un culte du crâne ?

par Jean-Marc Bourdin, le 30 juin 2017

René Girard s’était beaucoup intéressé, au terme de ses recherches, aux preuves archéologiques de son anthropologie religieuse, notamment à Çatal Höyük, dans l’actuelle Anatolie. Il avait notamment donné une conférence au collège des Bernardins le 22 novembre 2008 à ce sujet dont l’enregistrement est disponible sur le site de l’ARM : http://www.rene-girard.fr/57_p_44801/catal-hoyuk.html. Ayant participé aux recherches de Ian Hodder, le responsable des fouilles sur le site, Benoît Chantre a fait le 24 février 2016 un point sur « Le sacrifice à l’aube de la sédentarisation » lors d’une conférence prononce à l’Ecole des chartes : http://www.rene-girard.fr/57_p_44799/introduction-et-bibliographie.html.

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Une pensée du « et (presque) en même temps »

par Jean-Marc Bourdin, le 25 juin 2017

Il a été beaucoup reproché à Emmanuel Macron son usage fréquent de la locution « en même temps » à laquelle il n’a pas, pour autant, renoncé. Il se justifie ainsi le 17 avril 2017 lors d’un meeting parisien : « C’est un tic de langage […] qui voudrait dire que je ne suis pas clair. Que je ne sais pas trancher. Que je serais flou. Parce que vous savez, il y en a qui aiment les cases, les idées bien rangées. Eh bien je veux vous affirmer ce soir je continuerai à utiliser “en même temps” dans mes phrases mais aussi dans ma pensée. Parce que “en même temps”, ça signifie simplement que l’on prend en compte des impératifs qui paraissaient opposés mais dont la conciliation est indispensable au bon fonctionnement d’une société. »

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Une nouvelle revue de philosophie en ligne s’intéresse à René Girard

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A propos de Donald Trump

Nous vous proposons un intermède avant de reprendre la publication des interventions du colloque « Faut-il avoir peur ? » Mieux, un dialogue entre deux de nos blogueurs, Thierry Berlanda et Bernard Perret.

Bonne lecture

 

Trump : le discours de trop

par Thierry Berlanda

Nous avions été nombreux à penser, bien que n’ayant pas de sympathie politique ni personnelle pour Donald Trump, que sa victoire à l’élection présidentielle de l’année dernière n’était pas une aberration, ni logique ni politique, et qu’il convenait au contraire d’en dégager la rationalité. En l’occurrence, l’écœurement suscité dans la population, à tort ou à raison, par la caste régnante, aux membres interchangeables et pleins de morgue,  s’était traduit en une sorte de jacquerie à l’échelle de l’Empire : Donald Trump avait été l’emblème de cette ruade populaire contre la collusion financière et le dogme universaliste néo-wilsonien.

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Ecologie, institutions et mimesis. Intervention de Bernard Perret

Bernard Perret est un des contributeurs de notre blogue. Sa biographie y est disponible. En réponse à la question « Faut-il avoir peur ? » du colloque qu’il a co-organisé, il nous propose ici une vision de l’avenir où la capacité humaine à reconfigurer et créer des institutions apparaît comme une alternative à la (seule) révélation apocalyptique sur laquelle René Girard fondait son espoir. Si la connaissance est essentielle, les pratiques ne sont pas sans efficacité, comme nous l’apprend l’anthropologie.

Bonne écoute de cette conférence, en vous priant de bien vouloir excuser les bruits des travaux.

Un président qui se désigne comme modèle souverain

Proposé par Jean-Marc Bourdin, le 18 mai 2017

Une analyse sémiologique publiée dans The Conversation France par Julien Longhi permet de mieux situer les ambitions d’Emmanuel Macron lorsqu’il dit vouloir être un président « jupitérien », revendique la « verticalité » du pouvoir ou ne rejette pas une « dimension christique » qui lui est attribuée, parfois pour mieux le railler. En écho à notre article « Elysée, élisez-moi », il adopte bien la stratégie du pseudo-narcissisme en revendiquant une position de modèle de nature à conforter sa souveraineté. Ce faisant, il recherche l’installation d’une médiation externe (contrairement à son prédécesseur qui, lui, aspirait à être un « président normal »), laissant à son premier ministre la médiation interne : la répartition des attributions des deux fonctions, telle qu’elle a été énoncée à l’occasion du premier conseil de ministres qu’il présidait ce jour, est  de ce point de vue particulièrement explicite. Il confirme ainsi un de ses écrits politiques antérieur où il présente les Françaises et les Français comme orphelins de leur roi dont ils n’auraient pas voulu le guillotinage.

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« Si nous avions vécu du temps de nos pères… »

par François Hien, le 14 mai 2017

La société française est menacée par la violence djihadiste, dont l’origine semble exogène, mais qui trouve des relais opérationnels chez de jeunes Français, de plus en plus nombreux. Les services de police en surveillent un certain nombre. Mais comment prévenir de nouvelles violences ? Faut-il arrêter des jeunes gens qui n’ont (encore) rien fait, sur base de leur pratique religieuse ?

Dans le petit théâtre mimétique où les hommes qui se veulent fermes se donnent de beaux rôles virils, une intervention m’avait frappé, voici bientôt deux ans. Celle de l’avocat Arno Klarsfeld, fils des célèbres « chasseurs de nazis » : il fut celui qui proposa l’enfermement préventif des islamistes radicaux classés S, au mépris de toutes les procédures en vigueur dans un état de droit (rappelons que ce fichage ne relève en aucun cas d’un jugement mais d’une simple décision administrative de police)[1]. Il franchissait là un important seuil symbolique : demander l’enfermement préventif de l’ennemi intérieur, sur base de ce qu’il pourrait faire, et en l’absence de tout jugement, c’est oser un geste d’exclusion d’autant plus transgressif qu’il est sans modèle. À la suite de Klarsfeld, bien d’autres ont embrayé, et cette proposition est devenue récurrente[2] ; mais ces suiveurs ont moins de mérite, si l’on peut dire : il a fallu, pour qu’ils assument cette position, qu’elle fut d’abord émise par un autre, qui servit ensuite de modèle. Et je me suis demandé si c’était un hasard qu’Arno Klarsfled, précisément lui, ait lancé cette première pierre…

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De la part de la suggestion dans les comportements désirants

Nous relayons (trop) peu d’articles venus d’autres sources. Cet article intitulé « Boisson énergisante et alcool, un cocktail à risque… psychologique » paru dans The Conversation France, une revue quotidienne en ligne dont le mot d’ordre est « l’expertise universitaire, l’exigence journalistique », nous fournit une occasion de la faire.

Voici l’accroche-résumé qu’en propose Estelle Saget, chef de rubrique Santé Médecine de « The Conversation » :

Les boissons énergisantes comme Red Bull ou Rockstar sont largement consommées, en France et ailleurs dans le monde, en particulier par les jeunes. Elles contiennent des ingrédients stimulants comme la caféine ou la taurine, dont les effets suscitent des inquiétudes, plus encore en cas de mélange avec de l’alcool. De fait, des études concordantes montrent que ces cocktails augmentent le risque d’accident et de bagarres, comparé à la consommation d’alcool seul.

Une nouvelle étude apporte une explication inédite à ce phénomène. Réalisée par trois chercheurs en marketing et sciences comportementales, Pierre Chandon de l’Insead, Aradhna Krishna de l’université du Michigan (États-Unis) et Yann Cornil de l’université de Colombie-Britannique (Canada), elle montre que l’effet désinhibant des boissons énergisantes n’est pas physiologique, mais… fantasmé. L’image véhiculée par ces produits, à travers la communication des marques, donne aux jeunes gens une confiance en eux qui les pousse à se mettre davantage en danger. Des résultats qui interrogent sur la responsabilité des fabricants.

Ces expériences ne semblent pas sans rapport avec nos conceptions du désir mimétique.

Enfin le lien :

http://theconversation.com/boisson-energisante-et-alcool-un-cocktail-a-risque-psychologique-77017?utm_medium=email&utm_campaign=Des%20nouvelles%20de%20The%20Conversation%20pour%2010%20mai%202017%20-%2073475618&utm_content=Des%20nouvelles%20de%20The%20Conversation%20pour%2010%20mai%202017%20-%2073475618+CID_b752980dc2b6ba70660fc23ba9058770&utm_source=campaign_monitor_fr&utm_term=Boisson%20nergisante%20et%20alcool%20un%20cocktail%20%20risque%20psychologique

La rivalité mimétique en politique dès le Moyen-Âge

Par Jean-Marc Bourdin, le 8 mai 2017

Si la raison d’être de ce blogue est d’éclairer l’actualité à partir de la théorie mimétique, il est souvent utile de recourir à l’histoire, même très ancienne, pour faire la lumière sur nos pratiques contemporaines. Chaque lecteur sera libre en l’occurrence de mettre à profit le recul de plus de huit siècles qui lui est proposé dans les lignes qui suivent.

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Faire comme tout le monde : un principe éthique ?

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