par Jean-Marc Bourdin le 2 octobre 2017
Dès Mensonge romantique et vérité romanesque, René Girard avait proposé une histoire de la médiation du désir, la faisant passer de l’externe non-rivale à l’interne où le modèle était susceptible de se muer en rival pour faire obstacle au désirant. Au terme de sa réflexion, il avait imaginé avec Benoît Chantre dans Achever Clausewitz une médiation intime qui aurait intégré l’imitation du Christ pour nous protéger des affres et dangers d’un désir mimétique à l’orientation déviée. Mais à côté de cette espérance salvatrice, celle que suggère l’aphorisme d’Hölderlin plusieurs fois répété dans l’ouvrage, il est probable que la médiation poursuive sa course vers un tropisme plus périlleux pour l’humanité. Si la médiation intime n’est pas (suffisamment) contagieuse, ce qui est à redouter, une autre au succès plus probable est en train de se diffuser à vue d’œil sans qu’elle soit pour autant envisagée comme la forme post-moderne, voire trans-humaine, de la médiation.