Un président qui se désigne comme modèle souverain

Proposé par Jean-Marc Bourdin, le 18 mai 2017

Une analyse sémiologique publiée dans The Conversation France par Julien Longhi permet de mieux situer les ambitions d’Emmanuel Macron lorsqu’il dit vouloir être un président « jupitérien », revendique la « verticalité » du pouvoir ou ne rejette pas une « dimension christique » qui lui est attribuée, parfois pour mieux le railler. En écho à notre article « Elysée, élisez-moi », il adopte bien la stratégie du pseudo-narcissisme en revendiquant une position de modèle de nature à conforter sa souveraineté. Ce faisant, il recherche l’installation d’une médiation externe (contrairement à son prédécesseur qui, lui, aspirait à être un « président normal »), laissant à son premier ministre la médiation interne : la répartition des attributions des deux fonctions, telle qu’elle a été énoncée à l’occasion du premier conseil de ministres qu’il présidait ce jour, est  de ce point de vue particulièrement explicite. Il confirme ainsi un de ses écrits politiques antérieur où il présente les Françaises et les Français comme orphelins de leur roi dont ils n’auraient pas voulu le guillotinage.

Le désir mimétique, autant, voire plus dans la période contemporaine que le mécanisme du bouc émissaire, est bien une clé pour se représenter les jeux politiques, même si l’analyse proposée ci-après n’y a pas recours. Les spécialistes de la théorie mimétique que vous êtes y trouveront certainement matière à réfléchir.

Bonne lecture !

https://theconversation.com/emmanuel-macron-le-president-qui-se-veut-jupiterien-77815?utm_medium=email&utm_campaign=Des%20nouvelles%20de%20The%20Conversation%20pour%2017%20mai%202017%20-%2074055682&utm_content=Des%20nouvelles%20de%20The%20Conversation%20pour%2017%20mai%202017%20-%2074055682+CID_866c07ba49879ee90510947cb2b783cb&utm_source=campaign_monitor_fr&utm_term=Emmanuel%20Macron%20le%20prsident%20qui%20se%20veut%20%20jupitrien

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7 réflexions sur « Un président qui se désigne comme modèle souverain »

  1. J’ai vu notre président hier soir dans le poste félicitant son ministre préféré, et lui effleurant l’oreille. Celà m’a évoqué Napoléon pinçant l’oreille de ses grognards!

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    1. Il s’est pensé en Jeanne d’Arc à l’origine, d’autres évoquent Bonaparte et il se réfère au général de Gaulle et à François Mitterrand. Toutes évocations qui renvoient à la médiation externe et à la souveraineté.

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  2. “Le réel n’est pas rationnel, mais religieux, c’est ce que nous disent les Evangiles: il réside au cœur des contradictions de l’histoire, dans les interactions que les hommes tissent entre eux, dans leurs relations toujours menacées par la réciprocité. Cette prise de
    conscience est plus que jamais requise, aujourd’hui que les institutions ne nous aident plus, que c’est à chacun de se transformer seul. En cela, nous en sommes revenus à la conversion de Paul, à cette parole qui viens soudain le transir: “Pourquoi me persécutes-tu?” La radicalité paulinienne convient très bien à notre temps. C’est moins le héros qui monte vers la sainteté, que le persécuteur qui se retourne et tombe à terre.” R. Girard, 2007

    Non, ne les sifflez pas, disait-il pendant la campagne à propos de ces adversaires.
    Ne serait-ce pas là le fondement de sa victoire, dérobant le tapis des réciprocités sous les pieds de ses adversaires, qui se sont vus à son miroir comme les diviseurs alors qu’il prônait la réconciliation ? La notion sacrificielle du président de la Vème République, artefact du roi, de l’oint de Dieu, témoigne-t-elle du besoin de remplir un vide, ou d’avoir à disposition une guillotine électorale pour passer la colère et la frustration populaire ? Je ne suis pas sûr que la première hypothèse soit la bonne, et le jupitérien sans dialectique de réconciliation risque de n’amener qu’à la décollation symbolique, et tout l’art du jeune homme, dont la conscience religieuse gaullienne fondant nos institutions fait grandir notre démocratie, sera d’allier l’une à l’autre, sera de savoir mobiliser les peuples européens éclairés à voter en conscience plutôt que par réflexe, d’enseigner à chacun par l’exemple à reconnaitre sa propre tendance à la persécution et, renonçant à l’héroïsme, accéder à une réelle sainteté, qui est santé de la relation, créant les institutions d’un »Royaume de Dieu » possible et nécessaire.

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  3. L’étymologie nous enseigne que la religion est ce qui relie les hommes. Si l’on attache une juste ( au sens un et un font deux) importance à la forme du discours il ne faut pas négliger ( contraire étymologique de relier) le fond ( contraire de surface ).
    Le Président est à n’en pas douter une sorte de champion olympique mais la Nation ne doit ni le sacraliser ni en faire un bouc-émissaire.

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    1. « La religion c’est ce qui relie et rien n’est plus religieux que la haine: elle rassemble les hommes en foule sous la puissance d’une idée ou d’un nom quand l’amour les délivre un à un par la faiblesse d’un visage ou d’une voix. »
      C.Bobin, Le Très-Bas.

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