La rivalité mimétique en politique dès le Moyen-Âge

Par Jean-Marc Bourdin, le 8 mai 2017

Si la raison d’être de ce blogue est d’éclairer l’actualité à partir de la théorie mimétique, il est souvent utile de recourir à l’histoire, même très ancienne, pour faire la lumière sur nos pratiques contemporaines. Chaque lecteur sera libre en l’occurrence de mettre à profit le recul de plus de huit siècles qui lui est proposé dans les lignes qui suivent.

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Faut-il avoir peur ? René Girard penseur de la violence

L’Institut catholique de Paris et l’Association Recherches Mimétiques organisent le samedi 6 mai prochain un grand colloque, où sont invités  James Alison, Benoît Chantre, Michel Corbin, Jean-Pierre Dupuy, Bernard Perret, Camille Riquier, Jean-Claude Monod, Jean-Louis Schlegel, Michel Serres de l’Académie française.

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Relancer l’Europe : pourquoi pas à quatre ?

par Jean-Marc Bourdin

Après avoir reflété une réalité, le « couple franco-allemand moteur de l’Europe » est devenu un cliché sans signification ni dynamique. Achever Clausewitz a fort bien montré comment des vaincus enfin lucides surent mettre fin, sous l’impulsion de Charles de Gaulle et Konrad Adenauer au début des années 1960, à une logique millénaire d’affrontement pour la domination de l’Europe et à une rivalité qui s’était exacerbée en 1806 à l’issue de la bataille d’Iéna. Il y eut ensuite Helmut Schmidt et Valéry Giscard d’Estaing dans les années 1970 et Helmut Kohl et François Mitterrand la décennie suivante. Depuis, plus grand-chose de notable, sauf que la monnaie unique née au début des années 2000 à la suite d’une demande de la France s’est révélée être l’achèvement du Zollverein.

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« Casse-toi, pauvre con ! »

Un exemple de psychologie interdividuelle proposé par :

Jean Michel Oughourlian

Une rencontre entre deux personnes. La première tend spontanément la main à l’autre. Si la deuxième l’imite et lui tend la main à son tour, les voici amies, en empathie, suite à une imitation positive, à une bonne réciprocité. Elles sont, à cet instant, des modèles l’une pour l’autre. Mais si la seconde refuse la main tendue, la première peut se fâcher et lui lancer : « Casse-toi pauvre con ! ». Les voici devenues ennemies, rivales, suite à ce que j’appelle une mauvaise réciprocité. La seconde a refusé d’imiter le geste amical de la première, la première a aussitôt imité l’attitude hostile de la seconde.

Ces deux personnes se séparent, chacune poursuivant son chemin, mais… pour le cerveau, l’affaire n’est pas terminée. Pour une raison qui reste aujourd’hui neurologiquement difficile à expliquer, leur curseur reste bloqué pendant un certain temps (allant parfois jusqu’à plusieurs heures ou plusieurs jours !) sur la même position, colorant…

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René Girard, une pensée « par surcroît »

par Thierry Berlanda

Dans l’histoire de la pensée, nous pouvons distinguer deux grandes lignées :

  • celle des penseurs pour qui le réel, en tant que projet même de l’Histoire, apparaît inachevé par définition. Hegel ou Marx, de lointaine fidélité aristotélicienne, en relèvent.
  • celle des penseurs de l’affirmation d’un réel déjà accompli, soit les penseurs de la plénitude, parmi lesquels nous comptons Epicure, Spinoza ou Nietzsche.

Or il existe (au moins) une troisième lignée, typique et pourtant mal identifiée comme telle, qui serait celle des penseurs du « surcroît ».

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Le centenaire de la pissotière

par Jean-Marc Bourdin

Il y a cent ans exactement, le 9 avril 1917, un événement aussi dérisoire que déterminant se produisit à New-York où s’organisait un premier salon des indépendants : la non-exposition d’une œuvre intitulée Fountain, un urinoir posé à l’horizontale et signée par un inconnu qui finira par devenir illustre : R. Mutt, alias Marcel Duchamp qui se cache derrière ce pseudonyme pour ne pas influer sur le cours de l’expérience qu’il a imaginée. L’histoire est, elle, la plus célèbre de l’histoire de l’art contemporain. Elle est en particulier méticuleusement racontée et illustrée dans un blogue de Marc Vayer intitulé le 2015-2023 le centenaire – inachevé – du Grand verre de Marcel Duchamp, notamment dans ses pages « Le domaine du ready made » IV/V et V/V : http://centenaireduchamp.blogspot.fr/, lequel s’appuie sur les recherches d’Alain Boton. Beaubourg expose à cette occasion et jusques au 30 avril 2017 une œuvre du plasticien Saâdane Afif intitulée Fountain Archives qui montre de manière subtile l’influence de cette œuvre-événement-manifeste.

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