
Désormais contributeur de notre blogue, Jean-Michel Oughourlian (JMO) est une des plus grandes figures de la théorie mimétique et le plus ancien parmi les fidèles de René Girard.
S’il avait commencé à s’intéresser à la pensée de René Girard très tôt dans ses recherches, ce dont témoigne la publication en 1974 de La personne du toxicomane, il participe très activement au livre d’entretiens déterminant de René Girard Des choses cachées depuis la fondation du monde paru en 1978, lequel donne pour la première fois une vision complète des trois hypothèses sur lesquelles repose la théorie mimétique. A la suite de cette collaboration, JMO s’engage dans l’élaboration de sa propre déclinaison de la théorie du désir dans le domaine de la psychiatrie et de la psychologie et fonde sur elle sa pratique thérapeutique : il la nomme psychologie interdividuelle et, plus récemment, métapsychologie mimétique. Il publie dès 1982 Un mime nommé désir, sous-titré “Hystérie, transe, possession, adorcisme”, révélant par ce spectre large sa volonté d’unifier la compréhension de comportements et de situations psychologiques divers dans l’espace et le temps.
A partir de 1995, la découverte des neurones miroirs fournit des vérifications expérimentales à ses hypothèses et lui permet de présenter ses recherches sous un nouvel angle en proposant une nouvelle topique, non pas métaphysique mais physiologique, fondée sur l’organisation et le fonctionnement du cerveau tels que révélés par le PET Scan (Tomographie à Emission de Positons, procédé d’imagerie médicale dont le but est d’étudier l’activité d’un organe) : il ajoute à la distinction entre cerveau cognitif et cerveau émotionnel popularisée par Antonio Damasio, un cerveau mimétique qui nous met en relation avec les autres. Même si JMO estime aujourd’hui qu’il n’est pas localisable en un lieu exclusif, mais que tous nos neurones auraient une fonction miroir, Notre troisième cerveau (2013) entre dans une sorte de débat permanent avec les deux “autres” cerveaux : ce sont donc trois fonctions cérébrales qui se combinent, notre cerveau mimétique étant toujours à l’initiative, du fait de son rôle relationnel de perception. “Les deux autres cerveaux interviennent ensuite pour justifier et cautionner ce mouvement ou, au contraire, pour tenter de le freiner. Mais ils n’y parviennent pas toujours.” Dès lors, une nouvelle pratique de la psychothérapie est envisageable sur cette base théorique. Elle est susceptible de s’appuyer sur des objectivations fournies par les observations livrées par les PET Scans. Elle vise à mettre en harmonie ces trois cerveaux et éteindre les incendies qu’un rien dans la relation à l’autre est susceptible de déclencher à tout moment.
Continuer à lire … « Optimisez votre cerveau »






