Les apports de René Girard à la théologie

En septembre 2017, nous avons interrogé James Alison afin qu’il nous présente en quelques minutes, les principaux apports de la pensée de René Girard à la théologie concernant : la relation entre la Bible et les Evangiles ; la violence explicite de certains textes bibliques qui peut être lue comme une autocritique de la violence ; le renversement de la logique sacrificielle ; la générosité absolue de Dieu qui se révèle comme Père.

 

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Le triangle dramatique : victime, persécuteur et sauveur

par Jean-Marc Bourdin

L’analyse transactionnelle (AT) fut fondée et conceptualisée dans les années 1950-1960 par le psychothérapeute critique de la psychanalyse Eric Berne. Elle est aujourd’hui une ressource théorique qui reste très employée par les consultants et formateurs en ressources humaines ainsi que par de nombreux psychothérapeutes adeptes des thérapies brèves.

Dans la lignée de Freud et malgré les critiques qu’il lui adressait, Eric Berne prit les relations parents / enfants comme modèle pour décrire de manière simple et compréhensible pour ses patients ou stagiaires l’ensemble des rapports humains dysfonctionnels. Divers « états du moi » se combinent pour produire des interactions : les parents adoptent des attitudes normatives ou nourricières, les enfants sont réputés libres, adaptés-soumis ou adaptés-rebelles. Par contraste, sont promues des relations d’adulte à adulte, fondées sur une prise en compte exacte du réel et, de ce fait, non toxiques.

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Mythologie : Girard encore partout et, comme toujours, presque nulle part…

par Jean-Marc Bourdin

Un imposant Dictionnaire critique de mythologie par Jean-Loïc Le Quellec, anthropologue et préhistorien, et Bernard Sergent, historien et président de la société de mythologie française, vient de paraître aux éditions du CNRS en 2017. Cet ouvrage traite des mythes, des mythologues et des concepts communs aux mythes sans proposer d’entrée pour traiter d’un mythe particulier, sauf quelques exceptions (qui ont acquis un statut de catégorie comme Œdipe et Orphée) : le lecteur n’y trouvera par exemple pas l’exposé du mythe de Sisyphe mais ce dernier sera cité, entre autres, à l’article « Démesure » : au total pas moins de 1 400 entrées concernant des récits mythiques de plus de 1 300 peuples.

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Le désir mimétique d’amis

Comme souvent, le site TheConversation nous offre une analyse qui ne peut que nous interpeller sous le titre « Il a plus d’amis que moi » ou pourquoi nous envions la vie sociale des autres » :

https://theconversation.com/il-a-plus-damis-que-moi-ou-pourquoi-nous-envions-la-vie-sociale-des-autres-88451

Le (mauvais) génie de Facebook est de faire porter le désir sur une quantité d’amis plutôt que sur la qualité des amitiés. La comparaison s’objective dans le nombre et le compteur des « like » collectés, rendant possible une rivalité… et un risque de déception. Des stratégies d’augmentation des collections d’amis conduisent d’ailleurs certains à solliciter des personnes croisées virtuellement et furtivement pour en faire des « amis Facebook ». Et un.e de plus ! Pour la recherche d’emplois, LinkedIn procède de la même manière. Les deux sites proposent à leurs abonnés des personnes qu’ils sont susceptibles de connaître et / ou qu’ils auraient à contacter.

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De qui se venge-t-on ?

par Thierry Berlanda

Dans Le Procès de Vichy*, Fred Kupferman cite les termes suivants  de l’historien Jean-Pierre Rioux : « Si l’on veut clôturer le chapitre de la vengeance, il faut choisir une victime expiatoire ». Paru en 1980, en un temps où la pensée de René Girard avait commencé à colorer le paysage intellectuel français, cette étude révèle la raison d’être de l’expiation, en des termes empruntés aux Mémoires de Guerre,  de De Gaulle, et résumées ainsi : « L’appareil de justice agit au nom du peuple, pour que le peuple n’agisse pas. »

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« miMésis » ou le théâtre comme art girardien

par Jean-Marc Bourdin

En peu de temps, trois créations théâtrales viennent utilement nous rappeler les rapports étroits que cet art entretient avec la théorie mimétique.

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L’affrontement entre Mediapart et Charlie Hebdo

par François Hien

   Le débat public en France est rarement au niveau des questions qu’il prétend traiter, on le sait. Mais nous ne sommes jamais au bout de nos surprises. La violence et l’approximation qui ont régné dans l’affrontement entre Charlie Hebdo et Mediapart étaient proprement sidérantes. De part et d’autre, les rivaux en ont oublié l’objet dont ils débattaient (et qui n’était d’ailleurs pas véritablement défini : est-ce l’islam ? l’islamisme ? le terrorisme ?) et ne voulaient qu’une chose : en découdre avec l’autre.

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La laideur cachée du réel

Par Hervé Van Baren

54 ans, de nationalité franco-hollandaise , habite en Belgique. Marié et père d’un fils de 25 ans, il est actuellement :

Président de l’association Sortir de la Violence (une ASBL, l’équivalent belge d’une association loi 1901) . SdV organise des formations à la non-violence tant dans la sphère chrétienne que pluraliste. Plusieurs ouvrages sont parus dans la collection « Sortir de la Violence » aux éditions Fidélité. Continuer à lire … « La laideur cachée du réel »

« Ne nous laisse pas entrer en tentation »

Par François Hien

A partir du 2 décembre prochain, une nouvelle traduction du Notre Père sera en vigueur dans les églises françaises. Au lieu de murmurer « Ne nous soumets pas à la tentation », les chrétiens diront : « Ne nous laisse pas entrer en tentation ».

Ce glissement de signification n’est pas anodin. Nous n’en finissons pas de devenir chrétien. La traduction nouvelle révèle une appréhension plus fine de ce skandalon dont le Christ invite à se détourner. La figure de Dieu qui se dessinait implicitement à travers l’ancienne traduction était celle d’un Dieu poussant à la faute, puis punissant ceux qui s’y sont laissé prendre. Un Dieu tentateur – celui dont Girard dénonçait la conception, dans Des choses cachées depuis la fondation du monde : un Dieu nous faisant payer le sacrifice sanglant de son fils, qu’il aurait lui-même ordonné. À présent, Dieu n’a plus de responsabilité dans nos péchés ; nous Lui demanderons seulement de nous donner la force d’y résister.

Dieu n’est pas là pour nous éprouver, vérifier la solidité de notre foi en nous précipitant dans des pièges. C’est le diable qui tente – et le diable n’a pas d’être, il n’est rien d’autre que l’entraînement mimétique lui-même. Nous sommes agis par un mécanisme qui nous dépasse, et notre liberté repose sur notre capacité à lui résister, à inverser la polarité de la réciprocité négative en instaurant le premier geste de la réciprocité positive – sans en passer par le sacrifice, dont c’était la fonction dans le monde archaïque[1]. L’exigeante éthique chrétienne repose sur cette recommandation : résister à cet enchaînement mimétique dont on se croit toujours excusé puisqu’il nous précède ; résister à cette chaîne de violence dont on se croit innocent puisqu’on n’en est qu’un maillon. Résister au mimétisme délétère pour instaurer son contraire, le cercle vertueux du don.

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Sommes-nous intrinsèquement bons… ou violents ?

Par Bernard Perret

L’ouvrage à succès de Jacques Lecomte La Bonté humaine (Odile Jacob 2014) constitue une provocation stimulante pour les girardiens. À première vue, il prend l’exacte contre-pied du pessimisme apocalyptique de Girard. Pour résumer, la conviction de l’auteur est que l’être humain est foncièrement bon : « À côté de tendances potentiellement agressives chez l’être humain sont présentes, et d’une manière plus importante encore, des tendances à l’empathie, à l’altruisme et à la coopération. » Pour étayer ce point de vue, l’auteur commence par accumuler les résultats d’études empiriques et les exemples concrets, en décrivant des situations « où l’on s’attendrait à ce que la violence et le « chacun pour soi » dominent, alors que c’est le contraire qui se produit. Des personnes en sauvent d’autres au risque de leur vie ; des individus violents changent radicalement d’orientation après avoir rencontré des personnes qui ont su reconnaître leur fond de générosité ; d’autres pardonnent des actes d’une grande violence dont ils ont été les victimes, etc. » Dans un second temps, il s’appuie sur les sciences dures pour étayer son propos, principalement l’éthologie (en critiquant les thèses de Konrad Lorenz), la neurologie (les neurones miroirs) et l’économie expérimentale.

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