Pour réduire la violence, il faut y renoncer, et non pas tuer le violent

 par Emmanuel Portier

Jacqueline Sauvage est cette femme reconnue coupable du meurtre de son mari, tué de trois coups de fusil dans le dos en 2012, après quarante-sept ans d’enfer conjugal. Condamnée en première instance (fin 2014), confirmation en appel (fin 2015), par deux cours d’assises distinctes (soit 6 magistrats et 21 citoyens, au total, ayant eux eu accès à l’intégralité du dossier) à la même peine de 10 ans d’emprisonnement, assortie d’une période de sûreté automatique et incompressible de cinq ans.

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Djihadiste cherche modèle… désespérément

par Jean-Marc Bourdin

Farid Benyettou, dit « l’émir des Buttes-Chaumont », vient de publier en janvier 2017 avec l’anthropologue Dounia Bouzar un témoignage intitulé Mon djihad. Itinéraire d’un repenti aux éditions Autrement.

Son récit part d’une insuffisance d’être et d’un désir idéaliste de le combler en prenant des modèles toujours plus radicaux à chaque fois qu’il éprouve une déception et doute de son utilité, jusques à devenir lui-même un propagandiste du djihad. Son cheminement suit celui d’une pathologie du désir mimétique le conduisant à promouvoir le djihadisme puis à s’en détourner. Se présentant comme fortement suggestible, il semble être récemment parvenu à une auto-élucidation pour orienter désormais ses désirs vers la réparation et le soin. Je veux croire en sa sincérité en raison de la pertinence de son récit repérant les médiateurs auxquels il a soumis ses désirs. Même si, comme il le dit lui-même, son appartenance à des groupes djihadistes est comparable à l’addiction d’un toxicomane, lequel risque toujours la rechute.

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Malheur à celui qui arrive par le scandale ?

par Jean-Marc Bourdin

Notre époque vit un étrange renversement, comme si de nombreux faits convergeaient pour donner raison aux prophètes de malheur. Prophètes qui, au demeurant, ont toujours annoncé les dangers dans l’espoir d’une prise de conscience qui permettrait de les éviter. D’un certain point de vue, la maîtrise de risques que l’on cartographie pour mieux les mettre sous contrôle, aujourd’hui dans les entreprises comme dans les organismes publics, se présente comme un point d’équilibre contemporain. Hans Jonas et son « principe responsabilité » ainsi que Jean-Pierre Dupuy en tant que promoteur du « catastrophisme éclairé » ont conceptualisé pour la planète ce que les risk managers, contrôleurs internes et autres auditeurs répertorient et tentent de contenir dans toutes les organisations. Quant aux particuliers, ils sont assurés d’office par des organismes publics de sécurité sociale ou incités à le faire par des mutuelles ou des sociétés d’assurance. Et des conseils les appellent à la vigilance pour limiter les risques : alimentation, tabagie, alcool, phénomènes météorologiques, pollution atmosphérique…

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Notre président de la République, un bouc émissaire en sursis ?

par Jean-Marc Bourdin

François Hollande a décidé de ne pas se représenter à l’élection présidentielle. Des commentateurs s’en étonnent : il aurait dû « défendre son bilan », autant dire se clouer lui-même au pilori. Durant la Ve République, le suffrage universel direct a toujours expulsé son élu. Dès le général de Gaulle, élu ainsi pour la première fois en 1965 et congédié en 1969 par un référendum auquel il avait donné un tour plébiscitaire. François Mitterrand et Jacques Chirac n’ont-ils pas été réélus ? Certes mais privés de leur autorité souveraine par une élection législative intermédiaire, le premier ministre qui était issu de la majorité à l’Assemblée nationale (respectivement Jacques Chirac et Lionel Jospin) ayant été alors sévèrement désavoué à la présidentielle.

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