
En Ukraine aujourd’hui, des gens souffrent et des innocents périssent. Ont-ils voulu ce conflit ? Non. De quoi sont-ils coupables ? De rien. Nous éprouvons pour eux une immense commisération ; mais peut-être leur devons-nous davantage.
Les quatre cercles du conflit
A en croire Michel Mourre, l’antagonisme entre impérialisme russe et nationalisme ukrainien remonte à la fin du dix-septième siècle. A partir de 1386, l’Ukraine avait été intégrée dans le royaume polono-lituanien. Les habitants du sud, les Cosaques Zaporogues, jouissaient alors d’une certaine autonomie, en échange de laquelle ils protégeaient le royaume des incursions des Tatars. Mais la Pologne chercha à latiniser les Ukrainiens, ce qui provoqua des révoltes. En 1654, les Cosaques se placèrent sous la protection du Tsar. La déception vint rapidement. Le traité qui garantissait leurs libertés traditionnelles ne fut pas respecté ; Catherine II prononça la dissolution de la « Sietch » (l’organe politique central des Cosaques). La suite de l’histoire est une succession de tensions (répression tsariste au XIXème siècle) et d’apaisements (front commun face à l’armée allemande pendant la seconde guerre mondiale).
Le premier cercle de la crise actuelle est la résurgence, cristallisée dans le Donbass, de cet antagonisme pluriséculaire. Comme l’ont souligné René Girard et Russel Jacoby (1), l’hostilité la plus féroce naît précisément entre proches. Au chapitre de la proximité, Ukrainiens et Russes sont imbattables : même origine (les Varègues), même matrice politico-historique (premier royaume kiévien des Xème et XIème siècles), langues voisines, familles entremêlées. En 2014, les événements de la place Maidan amènent au pouvoir une équipe à laquelle sont hostiles les communautés russophones de Lougansk et Donetsk. Elles se constituent alors en républiques autoproclamées ; l’Ukraine les bombarde, elles répliquent. Le bilan de ces huit années est de treize mille morts et un million et demi de réfugiés (source : ONU).
Dans ce premier cercle figure également la Russie. Elle soutient les républiques autoproclamées, avec l’argument de protéger des populations russophones. Et de fait, l’Ukraine a passé une loi interdisant l’emploi du russe (la loi de 2017 incitant à l’enseignement de la langue ukrainienne devient le 25 avril 2021 un décret interdisant d’enseigner le russe). Lointaine revanche sur l’interdiction faite au XIXème siècle par le tsar d’employer la langue ukrainienne.
L’Union Européenne entre en scène avec le deuxième cercle. Depuis la Révolution orange de 2004, l’Ukraine se tourne vers l’ouest et y cherche des alliés ; des alliés, pour ne pas dire un protecteur. Ce sera l’Union Européenne. L’Ukraine étant trop éloignée des critères d’adhésion, notamment en matière de corruption, l’UE propose à défaut un accord d’association, négocié entre 2007 et 2012. Le président ukrainien de l’époque joue à faire monter les enchères entre Russie et UE. Fin 2013, au moment de signer l’accord d’association, il se récuse et annonce rejoindre l’Union Economique Eurasiatique pilotée par Moscou : cela déclenche les événements de la place Maidan et la mise en place du nouveau pouvoir, favorable à l’intégration dans l’Union Européenne.
Notons l’effet de mimétisme entre l’UE et l’Union Economique Eurasiatique, qui comporte le Kazakhstan, la Biélorussie, l’Arménie, le Kirghizistan et la Russie. Ces pays se sont explicitement inspirés de la Communauté Economique Européenne pour construire une union douanière en vue d’un marché unifié.
Le troisième cercle fait apparaître les Etats-Unis. Que viennent-ils faire ici ? La réponse figure dans un ouvrage de Zbigniew Brzezinski, ancien secrétaire d’état (le ministre des affaires étrangères aux Etats-Unis), « le Grand Echiquier », paru en 1997. Il y expose les conditions du maintien de l’hégémonie mondiale des Etats-Unis (le « garant de la stabilité internationale » en langage plus fleuri), hégémonie héritée de l’effondrement de l’URSS. Parmi ces conditions, la plus importante est de maintenir endiguée et même de refouler la Russie, ce pour quoi le levier idéal est l’Ukraine. Brzezinski prévoyait son intégration dans l’OTAN et dans l’Union Européenne pour la décennie 2005-2015. Cette doctrine (la « doctrine Brzezinski ») reste d’actualité, comme en témoigne l’article-programme de Victoria Nuland en août 2020, six mois avant sa nomination comme secrétaire d’état adjoint : « L’Ukraine est un champ de bataille que les Etats-Unis ne doivent pas céder à Poutine. » (cf. un précédent billet : « Les cent Jours de l’oncle Joe »).
Il est loisible de penser que les Etats-Unis n’agissent que par idéalisme et conviction, pour défendre et diffuser la démocratie. Il est également loisible de moduler cette vision. Voici quelques extraits du « Grand Echiquier » :
« L’Eurasie demeure l’échiquier sur lequel se joue la primauté mondiale ».
« L’Europe est la tête de pont géostratégique fondamentale de l’Amérique ».
« L’Europe de l’Ouest reste un protectorat américain et ses états rappellent ce qu’étaient jadis les vassaux et les tributaires des anciens empires ».
Et enfin, dans un remarquable effort d’humilité : « Pour la première fois dans l’histoire, un état unique est devenu une véritable puissance globale ; pour la première fois dans l’histoire, un état non eurasien domine le monde ; pour la première fois dans l’histoire, la scène principale du monde, l’Eurasie, est dominée par un état non eurasien ».
En version grand public, cela donne la célèbre phrase de Bill Clinton, reprise par Barak Obama : « Les Etats-Unis sont la nation indispensable » (quel sort attend celles qui ne le seraient pas ?)
Ce troisième cercle est un choc des volontés : les Etats-Unis veulent conserver leur prééminence mondiale ; la Russie ne veut pas devenir un vassal. La légitimité de ces volontés ? C’est un débat sans fin ; la Russie ressasse le pillage et l’abaissement qu’elle a subi pendant la décennie Eltsine (point documenté par exemple dans « La Stratégie du choc » de Naomi Klein) et les Etats-Unis se présentent en champion de la démocratie. Attitude éminemment mimétique de se proposer soi-même comme le modèle à suivre.
Ce choc des volontés fait surgir un nouvel acteur, la Chine, ce qui engendre un quatrième cercle. Pékin partage avec Moscou le refus de l’hégémonie américaine. Elle y ajoute un désir de revanche. La Chine s’est toujours considérée comme la plus ancienne et la première des nations. Or, les puissances occidentales se sont imposées à elle au XIXème siècle lors des « Guerres de l’opium », conclues par les Traités inégaux, dans lesquels l’occident imposait ses desiderata (entre autre de faire perdurer le commerce de l’opium, qui causait des ravages dans la population chinoise). Selon les spécialistes, la classe dirigeante à Pékin se répartit en deux factions, celle qui souhaite simplement que la Chine retrouve sa première place et celle qui, par surcroît, veut « faire payer » l’occident pour l’humiliation subie au XIXème siècle. Nul ne sait à laquelle appartient Xi Jinping. Toujours est-il que le gouvernement chinois a explicitement fixé l’échéance de 2049 (le centenaire du parti communiste) pour s’affirmer comme la première puissance mondiale.
Un conflit mimétique
Ces quatre cercles s’emboîtent les uns dans les autres pour constituer une spirale. Nous pouvons légitimement la qualifier de mimétique. Car les classes dirigeantes de ces tous ces pays sont enfermées dans les rivalités et les ressentiments. L’Ukraine est à la recherche de son identité et sa gémellité russe y est un obstacle. La Russie ne surmonte pas l’effondrement de l’empire soviétique et la perte de la place qu’il lui procurait parmi les nations. L’Europe refoule (au sens psychanalytique) sa vassalité. Les Etats-Unis ne parviennent pas à résoudre le « double bind » qu’ils s’infligent à eux-mêmes : servir de modèle à la terre entière mais demeurer la nation exceptionnelle. La Chine est travaillée par l’esprit de revanche.
Les spirales de rivalité mimétique n’engendrent que des antagonismes et des violences. Et d’abord, vis-à-vis de soi-même.
En Ukraine, l’armée russe fait mourir des quasi-russes. L’Union Européenne met en danger sa propre économie par les sanctions contre la Russie. Les Etats-Unis trahissent leur vocation à défendre la démocratie et le droit. Ce n’est pas nouveau. Quelques exemples au hasard : seconde guerre d’Irak déclenchée sans mandat de l’ONU ; pas d’excuses de la part de Barak Obama quand furent révélées la mise sur écoute par le renseignement américain du portable personnel d’Angela Merkel ; chantage pour obtenir l’acquisition d’Alstom par General Electric.
Le contexte de l’invasion russe en Ukraine donne lieu à un nouvel exemple. Depuis l’ère Chavez- Maduro, le Venezuela est sur la liste noire des Etats-Unis ; le pays est sous sanctions économiques et les Etats-Unis soutiennent Juan Guido, un sénateur adversaire de Nicolàs Maduro, et qui s’est proclamé vainqueur des dernières élections présidentielles du Venezuela ; il est désormais en exil. Or, depuis le récent embargo américain sur le pétrole russe, il manque aux Etats-Unis, non pas des volumes, mais une qualité spécifique d’huile que l’on ne trouve qu’en Russie et au Venezuela. Du jour au lendemain, le régime vénézuélien est devenu fréquentable : une mission américaine s’est rendue à Caracas le 6 mars dernier pour négocier des livraisons de ce fameux pétrole, dont précédemment la défense de la démocratie interdisait l’usage ; elle a proposé un relèvement partiel des sanctions. Flexible sur les principes, intransigeante quant à ses intérêts ; par ce type d’attitude, Washington porte atteinte à la seule justification en faveur de sa prééminence : la défense de la démocratie, du droit et de la liberté.
Quant à la Chine, son esprit de revanche la conduit également à des options autodestructrices. Elle a choisi comme stratégie économique le mercantilisme : « je fabrique et vous (l’occident) vous êtes les clients ». Depuis le XVIIIème siècle, nous savons que c’est une stratégie suicidaire, car elle détruit les capacités productives des « clients » et les ruine : à quoi bon un client ruiné ? (2)
Mais ces spirales mimétiques conduisent bien sûr à porter atteinte aux autres. En Ukraine actuellement, ces atteintes prennent la forme violente d’une agression militaire. Mais bien d’autres formes existent. L’une d’entre elles consiste à frapper son adversaire par acteur interposé, à faire faire le « sale travail » par quelqu’un d’autre. Celui qui instrumentalise autrui au service de ses propres intérêts (ou de ses propres fantasmes) est-il moins condamnable que celui qui se livre lui-même à la brutalité de la guerre ? L’hypocrisie mérite-t-elle un bonus ?
Le conflit actuel donne maints exemples de cette instrumentalisation. Le Donbass n’est qu’un prétexte pour la Russie de neutraliser l’Ukraine. Celle-ci n’est qu’un levier au service des Etats-Unis pour refouler la Russie. L’Union Européenne n’est que la « tête de pont » des Etats-Unis pour contrôler l’Eurasie.
Et la Russie est bien près de n’être qu’une « brute utile » au profit de Pékin. Malgré leur « solide amitié » sans cesse réaffirmée, ces deux pays ne sont complices que par leur hostilité commune aux Etats-Unis. Structurellement, la Russie est une proie pour son voisin : elle est gorgée de ressources et pauvre de population (l’extrême orient russe compte moins de dix millions d’habitants). L’offensive de Moscou sur l’Ukraine apporte de nombreux bénéfices à la Chine :
- la tranquillité militaire, car les Etats-Unis ne peuvent tenir deux fronts simultanés contre les deuxième et troisième puissances militaires mondiales,
- un accès prioritaire et meilleur marché aux matières premières russes,
- la remise en cause du dollar comme monnaie exclusive des transactions internationales (3),
- l’affaiblissement de la Russie, déconsidérée et frappée par les sanctions économiques ; cela procure à la Chine la primauté dans le camp des adversaires de l’hégémonie américaine.
Tous les rivaux entretiennent la spirale
Se pose alors la question suivante : dans cette guerre en Ukraine, quelles sont les parts de responsabilité respectives entre le mécanisme girardien des spirales de réciprocité violente et la malfaisance intrinsèque du maître du Kremlin ?
A cette question, les opinions publiques occidentales répondent par le deuxième terme, et de façon exclusive. Les dirigeants aussi, tout au moins publiquement. La russophobie est de saison ; elle n’est pas seulement autorisée, elle est obligatoire. Jusqu’à pousser à la démission Tugan Sokhiev, le chef de l’orchestre du Capitole de Toulouse ; annuler des conférences sur Dostoïevski ; vandaliser des établissements russes, etc.
Cette réaction d’effroi et d’émotion est bien naturelle devant l’irruption de la violence.
Mais en rester là et se livrer à son exaspération fait oublier les spirales de réciprocité hostile. Nous ancrons alors dans nos esprits que la source de la violence à une origine unique, le Kremlin ; pour le dire d’une autre façon, que nous sommes totalement innocents de ce qui se passe. Or, ce sentiment d’innocence est le plus sûr moyen d’entrer le cercle de la violence ou d’en amplifier l’intensité : car il nous permet de devenir à notre tour violents en toute bonne conscience.
C’est ainsi qu’un sénateur américain a réclamé l’assassinat de Vladimir Poutine et que nos médias ont disserté de la question avec une parfaite décontraction. Qu’un de nos ministres annonce comme objectif l’effondrement de l’économie russe. Que le président Biden pose comme seule issue l’éviction de Vladimir Poutine. Ces attitudes nous enferment dans la spirale de la violence réciproque et constituent le plus sûr moyen de ne pas mettre fin aux hostilités.
Or notre sentiment d’innocence dans ce conflit est-il justifié ? Quelques citations :
- George Kennan (un des stratèges de la Guerre froide) en 1998 : « L’élargissement de l’OTAN est une erreur tragique ».
- Henry Kissinger en 2014 : « L’Ukraine ne devrait pas rejoindre l’OTAN ».
- John Maersheimer (géopoliticien célèbre et professeur à l’université de Chicago) en 2015 : « Nous n’avons pas cessé nos efforts pour que l’Ukraine fasse partie de l’Occident […] Le résultat final est que l’Ukraine va être détruite […] Ce que nous faisons encourage en fait ce résultat ».
- Jack Matlock (dernier ambassadeur américain en URSS) en 1997 : « L’expansion de l’OTAN a été la plus profonde bévue stratégique commise depuis la fin de la Guerre froide ».
- Noam Chomsky en 2015 : « Clinton a étendu l’OTAN jusqu’aux frontières de la Russie. Le nouveau gouvernement ukrainien a voté en faveur de l’adhésion à l’OTAN. Le président Porochenko (*) ne protégeait pas l’Ukraine, mais la menaçait d’une guerre majeure ».
- Jeffrey Sachs (haut conseiller auprès de l’ONU) en 2021 : « L’élargissement de l’OTAN est tout à fait malavisé et risqué. Les vrais amis de l’Ukraine et de la paix mondiale devraient appeler à un compromis des États-Unis et de l’OTAN avec la Russie ».
- Jeffrey Sachs trois jours avant l’attaque russe : « En 2008, le président George W. Bush a été particulièrement imprudent en ouvrant la porte à l’adhésion de l’Ukraine (et de la Géorgie) à l’OTAN ».
- Bill Burns (ex ambassadeur en Russie, actuellement directeur de la CIA) en 2008 : « Je n’ai encore trouvé personne qui considère l’Ukraine dans l’OTAN comme autre chose qu’un défi direct aux intérêts russes ».
- Malcolm Fraser (ex premier ministre australien) en 2014 : « Le mouvement vers l’est [de l’OTAN] est provocateur, imprudent et […] conduit à un problème difficile et extraordinairement dangereux ».
- Robert Mc Namara (secrétaire à la Défense de JFK et L. Johnson) en 1997 : « L’effort mené par les États-Unis pour étendre l’OTAN est une erreur politique de proportion historique », « Il favorise l’instabilité en Europe. C’est une position marginale et traîtresse ».
- Roderic Lyne (ambassadeur de Grande-Bretagne en Russie) en 2021 : « [Pousser] l’Ukraine dans l’OTAN […] est stupide à tous les niveaux ». « Si vous voulez déclencher une guerre avec la Russie, c’est le meilleur moyen de le faire ».
(*) Prédécesseur de Volodymyr Zelenski comme président de l’Ukraine.
Sortir de la réciprocité violente
Les dirigeants occidentaux ont trompé l’Ukraine. Ils l’ont instrumentalisé et encouragé dans la voie des tensions avec la Russie. En témoigne un rapport de 2019 de la Rand Corporation, une officine de conseil pour le Pentagone : « Overextending and unbalancing Russia », (« Epuiser et déséquilibrer la Russie ») ; nous pouvons y lire : « Fournir des armes létales à l’Ukraine exploiterait le plus grand point de vulnérabilité extérieur de la Russie ». L’Ukraine est le point faible de la Russie (nous retrouvons la doctrine « Brzezinski ») et le seul intérêt qu’elle présente aux yeux des stratèges américains est de pouvoir « l’exploiter » pour affaiblir Moscou. Le terme d’instrumentalisation n’est pas galvaudé. Beaucoup traitent aujourd’hui Vladimir Poutine de paranoïaque ; mais des phrases comme celle-ci ne sont pas de nature à l’atténuer.
Nos médias passent leurs journées à célébrer l’héroïsme du président Zelinski. De quel réconfort lui sont ces belles paroles ? Il se sentait invité dans l’OTAN, à défaut d’en être membre : l’OTAN ne s’engagera pas. Il se croyait attendu dans l’UE : celle-ci diffère la candidature ukrainienne. Il réclame des avions : les Etats-Unis refusent d’en fournir. Il demande une intensification des livraisons d’armes : certains pays s’en dispensent et l’Allemagne « n’a plus de stock » (!).
Josep Borrell est le haut-représentant de l’UE pour les affaires étrangères et la sécurité. Voici ce qu’il déclare le 10 mars dernier sur LCI : « Il y a sont des choses que nous avons proposées et que nous n’avons pas pu mettre en œuvre, comme, par exemple, la promesse que l’Ukraine et la Géorgie feront partie de l’OTAN. Je pense que c’est une erreur de faire des promesses que vous ne pouvez pas tenir ».
Il est louable de reconnaître ses erreurs. Mais des ukrainiens (et des soldats russes aussi) sont en train de payer cette « erreur » de leur vie. « Erreur » dont les classes dirigeantes étaient prévenues et dont le caractère funeste avait été identifié de longue date (cf. la liste de citations qui précède).
Alors Monsieur Borrell aurait peut être pu aller jusqu’à présenter des excuses ; jusqu’à reconnaître au peuple ukrainien le droit d’être à lui-même sa propre finalité, et non de servir de « levier », de « pivot » ou de « champ de bataille » aux rivalités des classes dirigeantes de divers pays ; jusqu’à en donner l’exemple au président russe, plutôt que le rejoindre dans les surenchères.
Nul ne sait comment la paix reviendra, mais il est douteux que les postures actuelles des dirigeants occidentaux, et largement approuvées par les opinions publiques, produisent d’autres effets que d’alimenter l’éternel retour de la violence.
*****
(1) Russel Jacoby, « Les Ressorts de la violence », Belfond, 2014
(2) Par exemple, Jean-Marc Daniel, « Histoire de la pensée économique », Pearson, 2010
(3) Le statut du dollar est l’un des trois piliers de l’hégémonie américaine, avec le complexe militaire et le contrôle des approvisionnements énergétiques.








