Cerveau reptilien

par Hervé van Baren

Autant prévenir : cet article commente un article à sensation couvrant un fait divers particulièrement horrible. Ames sensibles s’abstenir !

Un fait divers tragique fait le buzz. L’information est reprise dans le monde entier. Une recherche Google renvoie des milliers de liens. Ci-dessous, des extraits de l’article paru dans un journal luxembourgeois1.

Dévorée vivante par le croco qu’elle nourrissait

Une chercheuse a été victime d’une effroyable attaque, vendredi dernier. Merry, un reptile de 5 mètres de long, ne lui a laissé aucune chance.

Une scientifique […] a connu une mort atroce, vendredi, dans un centre de recherches […]. Pour nourrir le crocodile local, [elle] est montée sur un muret de 2,5 mètres de haut et a commencé à jeter de la nourriture à l’animal prénommé Merry. C’est à ce moment-là que le drame est survenu. Les autorités pensent que la bête de 5 mètres de long s’est dressée sur ses pattes arrière et a sauté en direction du muret pour happer la quadragénaire […].

Traînée vers le bassin, la victime a été dévorée vivante. Personne n’a assisté à cette attaque. Ce n’est que plus tard dans la matinée que des membres du personnel du laboratoire […] ont remarqué une «forme étrange» dans l’eau. En s’approchant du crocodile, ils ont retrouvé les restes du corps […] dans sa mâchoire. Les secouristes ont eu toutes les peines du monde à éloigner le cadavre de la victime du reptile, fermement accroché à sa proie.

Merry est connue pour avoir déjà attaqué des congénères par le passé, mais jamais des êtres humains. L’animal a été capturé et des tests doivent être effectués pour confirmer qu’il a bien ingéré une partie du corps de la chercheuse.

La police essaie d’entrer en contact avec le propriétaire du crocodile, qui serait un homme d’affaires japonais à l’origine de la création de ce centre de recherches. L’homme n’était pas sur les lieux au moment du drame, relate Fox News. « Nous avons besoin de savoir s’il a un permis pour posséder des crocodiles et autres animaux aquatiques onéreux. Si ce n’est pas le cas, il sera arrêté, a déclaré Raswin Sirait », chef de la police de Tomohon.

 

Internet nous abreuve de faits divers horribles, et s’ils pullulent ainsi, jusque dans des médias sérieux, c’est parce que nous les lisons. Les rédactions suivent la loi de l’offre et de la demande, survie économique oblige. Donc, les coupables, si crime il y a, des articles dont font partie cette catégorie, en définitive c’est nous. Reste à savoir pourquoi nous sommes autant fascinés par les morts violentes, les histoires horribles.

Plus un accident de circulation est grave et plus nous nous arrêtons pour regarder. Plus un attentat est sanglant et plus nous restons devant nos écrans, fascinés. Les internautes qui mettent en ligne des vidéos de décapitation d’otages ne sont pas des extrémistes religieux, mais des voyeurs qui tentent d’autres voyeurs. Lorsque nous ne cédons pas à la tentation, c’est avant tout parce que nous nous sommes imposé un interdit moral fort.

Il y a là, pourtant, un véritable tabou. Montrer la mort violente de l’Autre est considéré comme une intolérable atteinte à sa dignité, une profanation. Les médias ne montrent jamais la mort crûment, les images sont indirectes, les cadavres floutés. L’interdit du sang est toujours d’application. Le symbole du sang, de nos jours, c’est le gyrophare. Cependant, ce tabou, comme presque tous les autres, est de plus en plus transgressé.

La psychologie propose plusieurs explications à ces comportements : la compassion, la catharsis ou l’assouvissement de nos pulsions destructrices et morbides, l’exorcisme de notre angoisse face à la mort, la jouissance de se savoir en vie…

Tous ces sentiments ont une origine commune : notre capacité à ressentir ou à imaginer la souffrance, la terreur, l’agonie et la mort de l’Autre comme si nous vivions cette expérience nous-mêmes. Lorsque nous sommes témoins d’une mort brutale, le mimétisme nous oblige à vivre l’expérience de la mort par procuration, à notre corps défendant, ce qui explique le caractère traumatisant de l’expérience.

C’est bien la victime qui induit en nous ces sentiments ambivalents, même si nous avons l’impression qu’ils nous sont personnels. Le parallèle avec le médiateur du triangle mimétique s’arrête là. Contrairement au désir mimétique, ce que la victime « possède » et pas nous, c’est quelque chose de profondément indésirable, à fuir à tout prix. Le médiateur, dans ce cas, est une sorte d’anti-médiateur girardien. La victime n’est pas l’obstacle qui nous interdit l’objet désirable, mais au contraire le démon qui nous montre ce que nous n’avons ni envie de voir, ni de nous approprier, l’objet le moins désirable qui soit : la mort. C’est, en quelque sorte, le négatif du triangle mimétique classique, mais il garde son pourvoir de fascination (attraction-répulsion), de scandale, et de contagion.

Reste à analyser la tendance moderne au voyeurisme, par exemple l’explosion des photos et des vidéos postées sur internet qui exhibent le malheur des autres. Depuis quelques années, les secouristes qui interviennent sur les lieux d’accidents sont atterrés par le comportement de certains témoins, qui n’hésitent parfois pas à venir filmer le drame à quelques mètres de distance, sans se soucier le moins du monde d’apporter de l’aide, ou de la perturbation des opérations de sauvetage que cela entraîne. La fascination est plus forte que la raison ou que les barrières morales2.

Le phénomène s’inscrit dans une tendance généralisée à l’abolition des interdits. Il comporte des aspects positifs et négatifs. L’abolition des tabous s’apparente à une volonté collective de se confronter au réel, même lorsqu’il est laid. L’intention est louable mais conduit toujours à des débordements. La loi abolie relâche les pulsions les plus profondes, libère le mimétisme violent des liens qui le contraignent. Ce déséquilibre est potentiellement mortel, et mortelle la violation de l’interdit de montrer la mort brutale, que rien n’empêche alors, comme la sexualité, de passer du statut de tabou honteux à celui d’excitante transgression. La violence du voyeur est décuplée par la multiplication des images sur internet. La catharsis devient la norme et participe à la déshumanisation de l’Autre. Au lieu de conduire à l’objectif vertueux d’une relation saine à la mort, libérée des tabous que nous dictait notre angoisse, la mort devient une farce, et la victime un objet de fascination morbide désincarné, inhumain.

La civilisation occidentale se voit comme la grande pourfendeuse des mythes et des tabous, qu’elle aurait avantageusement remplacés par le contrat social et la technicité. L’humain est libéré des croyances immatures et de la superstition, il est responsable et capable de se confronter à la réalité. Ce discours est contredit par le comportement dysfonctionnel de certains témoins d’accidents et internautes, mais aussi par la narration médiatique des faits divers horribles. Bien loin d’être les alliés de cette courageuse tentative d’accepter la réalité, la technocratie et la justice perpétuent la dissimulation, autrefois confiée aux mythes, de notre finitude et de la fatalité qui peut nous frapper à tout moment. Une jeune femme est morte parce que le mur sur lequel elle se tenait ne faisait que deux mètres cinquante. Pour décider si l’animal est innocent et n’a fait que suivre son instinct, ou s’il s’agit d’un monstrueux profanateur qui mérite la mort, « des tests doivent être effectués ». La responsabilité de la mort de la victime incombe au propriétaire du crocodile, s’il est établi qu’il n’était pas en ordre administrativement. L’absurdité de ce langage prouve que nous sommes toujours incapables de faire face aux faits bruts : une femme est morte parce qu’un animal sauvage l’a tuée, et quoi que nous fassions de tels accidents peuvent arriver à tout le monde, n’importe quand.

Le langage technocratique a donc une fonction de remplacement de la mythologie traditionnelle ; on peut dire que c’est une nouvelle forme de mythologie, que nous imposons collectivement à nos élites, à nos médias et à notre justice, et non l’inverse comme on l’entend dire.

On retrouve ce phénomène un peu partout. Quand des proches de victimes d’attentat attaquent l’état en justice parce que les services de renseignement n’ont pas pu empêcher le drame, c’est une manière de nier la fatalité, et de ramener la violence à un grain de sable dans la machinerie bien huilée de la société technocratique, qui doit nous protéger de tout, en particulier du destin tragique. Pour trancher dans l’affaire Vincent Lambert, on ne fait plus appel à des valeurs morales, mais on se repose sur des tribunaux administratifs pour décider du débranchement éventuel des machines qui le maintiennent en vie. La mort moderne est une décision administrative comme une autre. Chaque jour, des individus servent de bouc émissaire à notre peur de la mort pour des actes qui, s’il n’y avait pas eu mort d’homme, ne leur auraient même pas valu un blâme. Il nous faut toujours des coupables à sacrifier pour exorciser notre peur de la mort, et de la mort brutale et imprévisible en particulier.

Nous ne pourrons nous passer du mécanisme victimaire et de la mythologie, ces voiles jetés sur le réel, que le jour où nous serons capables de remplacer le mimétisme inconscient par l’empathie vraie ; alors nous pourrons regarder quelqu’un mourir et ne ressentir que de la compassion, supporter l’image de notre propre mort que nous renvoie l’agonie de l’Autre. C’est ce que nous sommes parfois capables d’accomplir lors de l’accompagnement d’un proche dans ses derniers instants. Il faut l’amour pour pouvoir contempler la mort de l’Autre sans succomber à la peur panique, ou sans avoir besoin d’histoires rassurantes pour la rendre acceptable.

1http://www.lessentiel.lu/fr/news/monde/story/devoree-vivante-par-le-croco-qu-elle-nourrissait-22955356

2Ce qui a conduit les autorités allemandes à commanditer une vidéo-choc de prévention du phénomène, voir https://www.youtube.com/watch?v=TH_e3oweYfk

5 réflexions sur « Cerveau reptilien »

  1. Je trouve très intéressante la question posée par notre ami blogueur au sujet de notre voyeurisme. Ses critiques sont très pertinentes au sujet des mesures prises à la suite de ce drame, considéré, si j’ai bien compris, comme un meurtre dont il faudrait instruire le déroulement en vue de châtier le coupable. Mais à nos yeux, le voyeurisme et la bêtise administrative devraient relever de causes distinctes, non ? En apparence, tout au moins parce que si au lieu d’invoquer ici le tabou de la mort, l’auteur de cet article faisait appel à notre fascination pour la violence, peut-être que ces deux comportements , celui de l’amateur de sensations fortes qui jouit de l’horreur sacrée que la violence lui inspire et celui de l’expert scientifique ou judiciaire qui veut juste résoudre un problème, peut-être qu’on trouverait là les deux réponses les plus usuelles, en notre temps, face à l’insoluble question du « scandale » de la violence. On est dans une ambivalence à son sujet dont on cherche à tirer profit. Soit on cherche à jouir de ce « scandale », en vivant mieux que devant des fictions, l’attraction et la répulsion que le sang versé nous inspire, soit on veut se débarrasser d’une réalité insupportable en se réfugiant dans l’abstraction et en cherchant un « coupable ». Ce n’est pas la mort qu’il faudrait apprivoiser, c’est le scandale de la violence (scandale pris au sens girardien de pierre d’achoppement) qu’il faut voir comme tel. Le voyeur est en chacun de nous, comme le persécuteur. Non?

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    1. Bien vu, ces deux trajectoires divergentes, a priori sans lien, la jouissance ou la « résolution d’un problème » comme réactions à l’ « horreur sacrée » ressentie. Mais l’événement qui déclenche ces réflexes de fuite et de déni, est-ce bien la violence ? Il y a une confusion dans les termes entre violence et mort violente. Il y a une différence entre l’acte plus ou moins conscient qui blesse l’Autre, et l’accident imprévisible, même si le résultat, blessure, mutilation ou mort, est le même. Dans le dernier cas on est en dehors de la thématique girardienne de la violence, vue comme l’évolution d’une relation mimétique. Par contre Girard nous éclaire sur la relation entre la victime et le voyeur, qui elle est bien mimétique. Cette relation compte beaucoup plus dans le phénomène du voyeurisme que la cause objective des souffrances de la victime. Comme toujours, le phénomène nous apparaît déformé : nous nous fixons sur le fait divers, et croyons n’éprouver que compassion pour la victime, alors que le fait divers en soi ne justifie absolument pas notre fascination ; la victime et l’image qu’elle nous renvoie, si. Si vous enlevez la victime du triangle accident – victime – témoin de l’accident, le voyeurisme est inexplicable.
      Vos réflexions m’amènent à me demander si cette terreur que nous éprouvons face à la souffrance et à la mort serait aussi puissante et aussi déterminante pour nos comportements, sans la présence médiatrice de la victime. Autrement dit, la peur de mourir suivrait le même schéma – girardien – que la violence. Entre nous et la mort, il y a l’Autre ?

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  2. Cher Hervé, je n’enlève pas du tout la victime du triangle « accident, victime, voyeur »; bien au contraire, je lui confère une présence et un pouvoir d’attraction si considérables que pour ma part, je ne fais pas la distinction que vous faites entre un accident « imprévisible » , qui n’aurait de la violence que les apparences, et un meurtre shakespearien, entre gens qui se connaissent, qui tomberait seul sous la juridiction de la théorie mimétique. La mort violente est une violence « humaine trop humaine » qu’elle soit intentionnelle ou accidentelle. Nous comprenons que les juges ne confondent pas une mort accidentelle et un meurtre, mais en ce qui concerne les voyeurs,( à qui j’attribue le « goût du sang », comme Proust dans l’épisode de la « mise à mort » symbolique du pauvre Saniette), leur attitude est juste le contraire de celle de « juges », ils s’identifient à la victime, et donc, pourquoi feraient-ils la différence ?? Leur trouble jouissance, qui leur vient du fait qu’ils sont et ne sont pas la victime, abolit les différences.
    De plus, l’accident est imprévisible tant qu’il n’a pas eu lieu. Après, on voit bien quelles furent ses causes et très souvent pour ne pas dire toujours, il y a moyen de rattacher celles-ci à une « défaillance humaine ». Et puis surtout, les victimes sont humaines et généralement « innocentes », ce qui leur confère un vrai statut de « victime ». Si donc Girard nous éclaire sur la relation entre le voyeur et la victime, si cette relation a quelque chose à voir avec le mimétisme, nous devons comprendre le voyeurisme comme nous comprenons nos tendances persécutrices, il s’agit de se mettre à la fois en présence mais à distance de la violence, la nôtre, bien sûr !, comme le fidèle est devant une idole en présence mais à distance de son dieu. La violence est une idole, voilà ce que nous dirait le voyeurisme, un désir de persécution à la fois refoulé et …réalisé. Et sans rapport évident (pour moi) avec la peur de mourir. Ce serait plutôt la peur et l’envie mêlées d’infliger la mort ou de faire couler le sang, non ? Je vois plus le voyeur comme un bourreau qui s’identifie à sa victime que comme une victime qui se proclamerait comme telle.
    J’adore discuter avec vous, Hervé. Vous me forcez à approfondir ma réflexion. Plût au ciel que nos lecteurs partagent avec nous ce petit plaisir, très mimétique aussi, de l’échange argumenté…

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    1. Chère Christine,

      Je vois mieux à présent ce que vous voulez dire, et je pense que vous avez raison. Vous aussi, vous m’obligez à me remettre en question ; merci. En écrivant l’article je me suis d’ailleurs rendu compte que mon approche, si elle expliquait la répulsion, peinait à rendre compte de la jouissance du voyeur. Votre éclairage y pourvoit. Cependant, je ne pense pas qu’on puisse évacuer pour autant la peur de la mort de l’équation ; c’est d’ailleurs l’explication principale fournie par la psychologie. Nos comportements face à un accident s’expliquent aussi par la contrephobie.
      Peut-être y a-t-il moyen de concilier ces deux visions ? Je pose la question : notre peur de la mort et nos pulsions violentes sont-elles une seule et même chose ? Je ne prétends pas apporter de réponse. Simplement, dans ce mouvement de l’être qui nous extirpe de la violence, il y a toujours trois composantes : prendre conscience de l’origine de cette violence, la relation mimétique à l’Autre ; dénoncer nos idoles ; renoncer à posséder notre vie.
      Quand la mort violente vient faire sa dance macabre un peu trop près de nous, cela réveille souvent nos réflexes violents ; voir à ce sujet Luc 22, 35-38, et les épisodes de violence interpersonnelle et collective qui émaillent l’intervalle entre l’entrée à Jérusalem et l’arrestation de Jésus : l’épisode du figuier desséché, les marchands chassés du temple (seul cas de violence physique prêtée à Jésus), l’échauffourée au moment de l’arrestation. Et au milieu, Gethsémani ou le dépouillement « jusqu’à la mort » ; et à la fin, l’épée remise au fourreau et la guérison de l’oreille du serviteur.
      Je médite aussi Luc 17, 22-37 : « Mais il faut auparavant [que le Fils de l’homme] souffre beaucoup, et qu’il soit rejeté par cette génération […] Souvenez-vous de la femme de Lot. Celui qui cherchera à sauver sa vie la perdra, et celui qui la perdra la retrouvera […] Où sera le corps, là s’assembleront les vautours. »
      La mystérieuse allusion aux vautours résonne particulièrement avec notre sujet, non ?
      Bien sûr, on peut penser qu’il s’agit de deux phénomènes distincts, mais quelque chose me dit qu’il n’en est pas ainsi.

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  3. Pour ne pas rester allusive, je voudrais citer le passage de « Sodome et Gomorrhe » auquel je réfère ce « goût du sang » qu’il faut bien attribuer au voyeurisme : il s’agit donc de la façon dont les habitués du salon Verdurin traitent le brave et inoffensif Saniette en bouc émissaire.
     » Ils avaient l’air d’une bande d’anthropophages chez qui une blessure faite à un blanc a réveillé le goût du sang. Car l’instinct d’imitation et l’absence de courage gouvernent les sociétés comme les foules. Et tout le monde rit de quelqu’un dont on voit se moquer, quitte à le vénérer dix ans plus tard dans un cercle où il est admiré. C’est de la même façon que le peuple chasse ou acclame ses rois. »

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