Sommes-nous des lemmings ?

Le journal Le Monde du 29 janvier dernier consacre quatre pages (1) au rejet croissant des politiques de retour à la neutralité carbone. Cette inflexion correspond généralement à l’arrivée au pouvoir de gouvernements de droite ou d’extrême droite. Des pays hier à la pointe de la transition écologique sont en train de tourner casaque : l’Allemagne, la Suède…  En France, les bonnes intentions du gouvernement se heurtent régulièrement aux crises sociales, notamment la fronde en cours des agriculteurs, qui neutralisent toutes les mesures climatiques. Le rejet de l’écologie participe au succès des politiciens populistes un peu partout sur la planète (Donald Trump, Javier Milei …). En Angleterre, les actions militantes et non-violentes de l’organisation « Just Stop Oil » déclenchent les réactions parfois très violentes des automobilistes affectés par les blocages routiers :

On se dirige assez rapidement vers un rejet épidermique de toute forme de remise en question de notre mode de vie, qui fait le lit des populismes et des extrémismes, rajoutant la crise politique à la crise climatique.

Dans le même temps, la vulgarisatrice scientifique Sabine Hossenfelder publie une vidéo alarmiste dans lequel elle peine à contenir un sentiment de panique :

Hossenfelder relaie une information restée jusqu’ici confidentielle. Les modèles climatiques les plus pessimistes avaient été jusqu’ici rejetés par les spécialistes au prétexte qu’ils ne rendaient pas bien compte des évolutions climatiques passées. De récentes recherches suggèrent au contraire qu’ils seraient plus fiables que les modèles plus optimistes. Si cela se confirme, nous sommes condamnés à un réchauffement moyen de plus de cinq degrés Celsius. Elle rappelle les conséquences prévisibles de cette catastrophe annoncée : flux migratoires hors de contrôle, guerres, crise économique globale, pandémies, etc. Elle nous donne encore 20 ans de sursis, tout au plus, avant l’effondrement civilisationnel.

Le mythe du suicide de masse des lemmings comme mécanisme d’autorégulation de l’espèce est aujourd’hui rejeté. Les animaux ne participent pas à des suicides collectifs. Sauf une espèce, semble-t-il : les humains.

Le plus troublant dans le phénomène du dérèglement climatique n’est pas le déni, la désinformation, la mauvaise foi des climato-sceptiques, l’indifférence du public, mais bien la violence qui accompagne ce rejet de la réalité. Voyons si René Girard peut nous éclairer sur cet aspect.

On connaît mon approche : toute révélation est une crise. Plus le monde scientifique expose les faits, plus il ajoute à l’angoisse liée à l’effondrement du monde tel que nous le connaissons. Or ce n’est pas, je pense, la dimension matérielle qui préside à cette anxiété. Notre espèce a démontré une formidable capacité d’adaptation. Qu’on pense à la reconstruction de l’Europe après la seconde guerre mondiale. La dimension symbolique est, elle, largement ignorée. Notre psyché repose sur l’image que nous avons de nous-mêmes, individuellement et collectivement. Ce qui nous est, de loin, le plus insupportable, c’est le constat que nous ne sommes pas purs et innocents. Dès que cette image est ébréchée, se met en place le mécanisme qui permet de la rétablir : accuser l’Autre de nos malheurs, expulser le mal, trouver un bouc émissaire. Ce mal, diffus, tabou, impensable, nous fait mille fois plus peur que les armes de destruction massives, les épidémies ravageuses, les catastrophes naturelles, l’effondrement économique. Or dans le cas du dérèglement climatique, l’Occident se voit mis face à sa responsabilité écrasante dans la catastrophe, sans possibilité de blâmer quelqu’un d’autre. Nous ne sommes plus les maîtres du monde, seulement ses destructeurs.

Les acteurs de cette révélation sont de deux ordres. Le monde scientifique n’accuse personne et fait son boulot : exposer les faits, prédire les conséquences. L’absence d’accusation rend très malaisé le recours à la contre-violence. Dans ce cas, on fera appel au déni. Les militants écologistes, eux, accusent : c’est l’ensemble du système, des grandes compagnies aux simples consommateurs, en passant par les politiques, qui porte la faute et qui détient la solution. L’accusation explicite déclenche immédiatement la réaction violente. Il ne fait pas bon être écologiste ces temps-ci.

J’affirme que le phénomène est du même ordre que celui que j’ai encore exposé récemment dans ma conférence sur Genèse 9 (2). La faute, un acte incestueux, menace l’image de patriarche parfait de Noé et par extension, la pureté de toute la communauté. La tentative de dénonciation de la faute par la victime se solde par la malédiction qui la frappe. Toute la violence de la communauté est projetée sur la victime. Je dis victime et non victime émissaire, pour distinguer la violence qui s’abat sur l’annonciateur – qui est déjà victime avant que la résolution sacrificielle ne se mette en place – de celle qui frappe un membre arbitraire de la communauté.L’expulsion de la source du scandale ramène paix et concorde, fût-ce au prix du déni de la réalité, de l’injustice, du silence.

Dans le cas du dérèglement climatique, les victimes sont principalement les jeunes générations, qui auront à supporter les conséquences de l’irresponsabilité des anciens (dont je suis). Les mouvements qui militent pour une transition écologique rapide et volontaire sont composés en majeure partie de jeunes (par exemple, Extinction Rebellion). La dérive politique actuelle toujours plus à droite, vers toujours plus de climato-scepticisme et vers des réactions toujours plus violentes, s’apparente à une tentative de résolution sacrificielle, dans laquelle les parents n’hésitent pas à sacrifier leurs enfants, non, comme on l’entend toujours, pour préserver la matérialité de leur mode de vie (nous ne sommes pas ces monstres d’égoïsme), mais bien plus pour défendre avec l’énergie du désespoir l’image de pureté que toute société humaine construit d’elle-même et qui garantit sa stabilité. Pour préserver nos mythes.

J’aimerais pouvoir glisser ici un paragraphe qui s’intitulerait « solutions ». Je préfère être honnête : je n’en vois aucune. Aucune solution matérielle, idéologique ou politique assez crédible pour prétendre vaincre le mécanisme anthropologique le plus souterrain et le plus puissant : ôter le mal du milieu de nous, quoi qu’il en coûte.

Soyons girardien jusqu’au bout. Cette crise sacrificielle est inévitable. Nous retournerons l’épée contre nos frères, contre nos enfants ; c’est ce que nous avons toujours fait dans les grandes crises existentielles, et ce que nous ferons encore cette fois-ci. Je réitère cependant ma foi profonde dans le message eschatologique des Ecritures : c’est au cœur de cette crise, et seulement là, que nous pourrons trouver en nous les ressources pour nous reconnaître impurs, nous pardonner les uns les autres et, alors seulement, devenir capables de prendre notre destin en main.

Nous ne sommes pas des lemmings. C’est, au contraire, pour survivre que nous nions la réalité, que nous cherchons par tous les moyens à préserver notre monde. Nous ne savons que trop bien les risques d’un effondrement de l’image collective, celle qui garantit la supériorité de notre culture, de nos valeurs, de nos croyances. C’est un mensonge, soit. Girard nous apprend pourtant que c’est un mensonge vital. La crise multiforme qui secoue le monde a pour enjeu d’apprendre à vivre ensemble sans ce mensonge. Sacré défi.

(1) Le Monde 29/01/2024, Le pacte vert européen à l’épreuve de contestations croissantes

(2) Conférence Bible et violence du 8/1/2024 : Maudit soit Canaan !

24 réflexions sur « Sommes-nous des lemmings ? »

  1. Ah bon ?…. je ne savais pas que nous nous croyions « purs, innocents, supérieurs », je n’ai pas encore rencontré ces personnes en tout cas. Je ne vois rien de positif dans la « tyrannie de la pénitence » que tu sembles encourager dans ce billet. Elle anime suffisamment les mouvements « écolos » lorsqu’ils crèvent les pneus des SUV, sabotent les réservoirs d’eau des agriculteurs, fauchent les plantes qui font l’objet de recherches en agronomie, ou brûlent des pelles mécaniques. Je préfèrerais qu’il s’attaquent aux vrais dangers, à ces fauteurs de guerre qui précisément, se réclament tous d’une eschatologie, qu’ils soient chrétiens orthodoxes, musulmans, juifs ou hindouistes… Au-delà des morts, mesure-on la pollution générée par une guerre? L’eschatologie écologiste qui justifie des gestes de violence ou de pure bêtise (dans nos musées…) m’inquiète au même titre que celles des religions séculières dont nous croyions être enfin sortis. Sans me sentir le moins du monde supérieur, pur ou innocent, le « sanglot de l’homme blanc », me laisse perplexe, car il me semble que le mythe du bon sauvage a assez duré (et Girard a quelque chose à nous dire à ce sujet, me semble-t-il). Désolé Hervé, je vis à la campagne, entouré d’agriculteurs dont je comprends l’exaspération. Comment se fait-il que les politiques écologiques les méprisent à ce point? Voila une question qui me semble d’actualité, mais que les « jeunes » ne se posent pas assez. Ont-ils perdu à ce point le sens des réalités? Je le crois, parce qu’ils vivent dans un monde artificiel, un monde de données et d’images.

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    1. Cher Benoît,
      Bien sûr que cette pureté reste une condition pour souder les communautés humaines. On le voit dans le succès des partis qui prônent la préférence nationale. Quand j’entends « préférence nationale », j’entends « supériorité culturelle ». Quand j’entends « grand remplacement », j’entends la peur de voir notre belle culture céder à la barbarie des cultures étrangères. Que pense un propriétaire de SUV qui va casser la gueule des manifestants qui entravent sa belle liberté ? N’est il pas mû par le sentiment de sa supériorité, de son bon droit ?
      C’est d’ailleurs à cause des brèches dans cet édifice mental et collectif que le vivre-ensemble devient si douloureux, notamment le fossé entre celles et ceux qui ne veulent pas remettre en cause cette image idéale, et les autres, les « pénitents » comme tu le dis, dont Girard dénonçait assez le masochisme. Je n’encourage pas la tyrannie de la pénitence, je la constate, aussi bien que je constate son rejet violent – c’est le fossé béant entre progressisme et traditionalisme.
      Mon article n’est pas engagé. Le mépris dont tu parles est parfaitement symétrique. Les agriculteurs, s’ils écoutaient leurs ennemis, se rendraient compte qu’eux aussi ont perdu le sens des réalités, ils participent à un système voué à l’effondrement dans un futur proche. Ils vivent dans un système préservé artificiellement pour un temps, un système d’énergies abondantes et gratuites, de technologies miraculeuses. Je n’accuse personne, il est presque impossible d’y échapper sans se condamner à la précarité ; je ferais comme eux. Mais force est de constater que le système en question est condamné, que nous le savons tous et toutes, et que nous ne faisons strictement rien pour anticiper sa chute, adoucir le choc.
      Pascal Bruckner a bien diagnostiqué le « masochisme des pénitents », mais il loupe l’essentiel et surtout, il en tire les mauvaises conclusions. Son discours devient toxique lorsqu’il incite à retrouver notre fierté passée. Cela revient strictement à rétablir le sentiment de pureté et de supériorité que tu sembles nier.
      Je plaide pour une troisième voie : ni la haine de soi qui conduit aux comportements absurdes que tu dénonces à juste titre, ni l’amour excessif de soi qui mène tout droit au rétablissement des anciens systèmes sacrificiels. Un équilibre vertueux, entre amour de soi et amour de l’autre, tout en restant lucides sur notre part d’obscurité. Les Évangiles, en gros.
      Sur ce sujet, voir l’article « Masochisme occidental et révélation de la violence » https://emissaire.blog/2023/01/24/masochisme-occidental-et-revelation-de-la-violence/

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  2. Des lemmings conscients de leurs actes

    Nous n’avons plus à craindre la menace d’un effondrement climatique majeur. Nous sommes déjà entrés dans la crise. Imaginer, béatement, que nous pourrons juguler la hausse des températures d’ici… 2100, c’est annoncer que demain on rasera gratis !
    Nous n’en sommes plus, non plus, à rechercher des coupables. D’abord parce que nous les connaissons et que beaucoup d’entre eux sont morts : les capitaines d’industrie et les capitalistes du XIXe siècle, par exemple. Ceux qui ne sont pas morts (moi, parmi d’autres, qui en ai bien profité depuis plus de 70 ans !) ne vont pas tarder à céder la place. Les éliminer (ou m’éliminer, moi) ne rassurera personne.
    De toute façon, nous n’en sommes plus à la chasse aux coupables pour l’excellente raison que nous sommes tous coupables. Du milliardaire de Dubaï qui vit 24 heures sur 24 sous climatisation au pauvre paysan africain qui laisse ses chèvres manger les maigres arbustes qui restent autour de son village… Évidemment, le DEGRÉ de responsabilité n’est pas le même, mais on ne peut pas sacrifier les humains selon leur DEGRÉ de culpabilité ― sauf à couper des bébés en deux comme s’apprêtait à le faire Salomon !
    La crise climatique universelle d’aujourd’hui n’est pas semblable à toutes les crises mimétiques « classiques » pour l’incontournable raison que, désormais, nous sommes conscients de tout ce qui se passe ! La « résolution sacrificielle » n’est plus possible puisque nous ne pouvons pas faire jouer notre méconnaissance. Peut-être, dès lors, cette crise ne peut-elle pas connaître de résolution. L’Apocalypse au sens de « la fin du monde » est une des réalisations éventuelles et déjà certains se préparent au pire.
    Les seuls sursauts possibles sont de deux ordres.
    SOIT un formidable coup d’énergie équivalent à celui qui a suivi les deux Guerres mondiales du XXe siècle : les « années folles », les Trente Glorieuses et l’irrésistible construction européenne. Je crains, hélas, que le désir n’y soit plus (1). Les dernières générations semblent à bout de souffle.
    SOIT en faisant de notre méconnaissance épuisée un atout. Puisque nous SAVONS ce que nous faisons, servons-nous de notre conscience pleine et entière pour corriger les erreurs, inventer de nouvelles donnes, avancer et prendre des risques. Mais la conscience suffira-t-elle ? La raison peut-elle se dispenser du désir ? Ne commettons pas « l’erreur de Descartes » qui consiste à croire que nous pouvons nous laisser guider par la raison seule.
    Comment reprendre goût à l’avenir ? Quelle eschatologie devons-nous concevoir ? « Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fade, comment lui rendre de la saveur ? » (Saint Matthieu 15,13). Le défi du XXIe siècle tient en quelques mots. Il attend depuis 2 000 ans sa réalisation.

    (1) Voir mon essai « Crise du désir », L’Harmattan, 2021.

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    1. Merci Joël pour ce commentaire. Je vous ai reconnu grâce à la mention de votre essai… Je ne sais pas ce qui s’est passé avec WordPress, mais il semble que les commentaires « anonymes » explosent, ce qui n’est de toute évidence pas l’intention des commentateurs. Je suggère que chacun-chacune signe ses commentaires !
      C’est un bon résumé de la situation actuelle. Nous savons, nous sommes parfaitement informés. Le sujet de l’article, c’est la refus de regarder cette réalité en face et d’agir en conséquence, la tendance à couvrir le réel d’un manteau. Voilà le phénomène qui demande explication, et il nous amène très loin dans nos profondeurs. Quant aux sursauts qui nous font avancer, notez qu’ils ont toujours eu lieu après la destruction, à quelques exceptions près. Je ne vois presque jamais de prise de conscience suivie d’actes avant la catastrophe, notamment les deux guerres mondiales du XXème siècle.
      Une exception : l’indépendance de l’Inde, grâce à l’intervention non-violente de Gandhi, reconnu comme un « sage » par les deux partis (ce qui n’a pas empêché les massacres entre Hindous et Musulmans une fois l’indépendance acquise).
      Hervé

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      1. Hervé, je me hasarde à un petit commentaire sur le commentaire : ce que vous dites à propos de Gandhi. Il est pour moi un des deux « grands hommes » de l’histoire récente. Sans rentrer dans les détails pour ne pas bassiner les lecteurs du blog, il faut rappeler qu’il était nationaliste : amour de sa terre et de son peuple multiculturel. Il a accepté, certes, avec bcp d’hésitations, mais il l’a fait, la partition pour éviter une guerre civile qui risquait de faire des millions de morts. Voilà un homme de paix qui a surmonté toutes ces passions froides dont parlait Spinoza. Le second est Nelson Mandela qui, après 27 années d’enfermement, a conclu un accord avec le colon blanc, là encore pour éviter un bain de sang et a dit « pardonner, ne pas oublier ». Ne sont-ils pas christiques ces hommes-là ? Et pour finir (je l’ai déjà écrit dans un commentaire), si les haineux ne l’avaient pas fait taire, peut-être que Yitzhak Rabin aurait pu être le troisième ???

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      2. Claude,
        Je suis bien d’accord. Les trois hommes que vous citez sont d’ailleurs de trop rares exemples de la possibilité de résoudre un conflit, même très violent, sans avoir recours au mécanisme victimaire. J’y ajouterais Martin Luther King et quelques autres. Rien que pour cela, on peut les qualifier de figures christiques.

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  3. Cher Hervé, je voulais précisément éviter la surenchère mimétique que tu décrivais, mais ce qui m’étonne, c’est qu’en la décrivant si précisément, tu ne sembles pas la percevoir pour autant. Profond mystère… Je m’explique par l’exemple que tu nous livres : la petite vidéo où l’on voit des manifestants qui bloquent, ou ralentissent la circulation des voitures se faire agresser par un homme qui, tu le déduis toi-même, doit posséder un SUV. Il se retrouve bloqué, s’énerve et pète un plomb. Il va sans doute entrainer quelque manifestant outré à crever les pneus des SUV qu’il rencontrera, ce qui entrainera un autre propriétaire de SUV, encore plus énervé, à frapper encore plus fort lors de la prochaine manif de bien-pensants… etc. C’est la guerre, la multiplication des doubles mimétiques. Comme l’écrit si justement Joël Hillion, et bien mieux que je ne l’ai fait, personne n’est pur et personne n’est coupable, et « croire que nous pouvons nous laisser guider par la raison seule » est illusoire, car chacun raisonne à son niveau, depuis son point de vue.
    Je te trouve très injuste envers Bruckner, qui n’incite nullement à « retrouver notre fierté passée » (c’est même insultant à son égard de le penser), mais à résister à ceux qui ont décidé de nous détruire (je l’ai déjà dit : je crois que nous sommes entrés dans la troisième guerre mondiale : théocraties totalitaires contre démocraties). Nos ennemis – ou en tout cas ; les miens – sont encouragés par la manifestation désolante des « sanglots de l’homme blanc » qui sont, soit dit en passant, tout à fait hypocrites (cela demanderait un plus long développement, je sais). Nous n’avons pas à être fiers d’avoir raté le Royaume (« sur la terre comme au Ciel »), car tout a déjà été révélé, et nous n’avons pas su l’entendre, mais nous sommes invités à réagir lorsque sonnent les trompettes de l’apocalypse : elles ont pour but de nous réveiller. Bruckner, Finkielkraut, Muray, Bernanos, Elchaninoff, Jünger, de Prisque (que tu cites) et Girard bien sûr, sont des éveilleurs. Bien sûr, Bruckner et Muray y vont en nous donnant des baffes (ils ne savent peut-être pas jouer de la trompette), mais quand on est profondément endormi, quasiment comateux, ça peut se justifier. De plus, il parait que les adeptes de « la tyrannie de la pénitence » aiment ça. Il faut donc croire que tu n’en fais pas partie. Heureusement !

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  4. Bonjour Hervé,
    la guerre d’Ukraine vient de faire un million de victimes en deux ans (tués et blessés, militaires et civils, ukrainiens et russes). Ce chiffre ne semble pas émouvoir les dirigeants de la planète, qui tous n’ont plus aujourd’hui que la violence guerrière en perspective. Pas le moindre signe d’intention diplomatique nulle part. Les événements du Proche-Orient vont dans le même sens. La porte à l’escalade est grande ouverte et nous connaissons tous ce qui constitue ses derniers échelons. En langage girardo-clausewitzien, la montée aux extrêmes est en route. Tous les dirigeants y adhèrent et désirent que nous y adhérions. Que signifie la nouvelle mode logomachique du « réarmement « , appliquée à tous les domaines, l’économie comme l’école, la justice comme l’agriculture ?
    Chacun peut nourrit les inquiétudes qu’il souhaite et il est parfaitement loisible de déplorer l’éventualité que le climat de Paris devienne celui de Séville dans quelques décennies, ou de s’offusquer que la Commission européenne retarde à 2033 l’interdiction du glyphosate.
    Mais je crains bien que la catastrophe qui exigerait de nous tous une prise de conscience, ou pour mieux dire une révélation, ne soit pas celle que décrit l’article du Monde.
    D’ailleurs, la pente agonistique que suivent les relations internationales se retrouvent dans tous les domaines : écologie justement, économie, relations sociales, etc. Aujourd’hui, il n’est plus question de « reconnaître » quelqu’un avec lequel nous ne sommes pas d’accord ; il n’y a plus que des « amis », dont nous devons accepter toutes les trahisons, et des « ennemis », pour lesquels nous n’avons pas d’autre perspective que de les neutraliser.
    Polarisation parfaitement décrite par Girard. Mais il ne suffit pas d’en avoir conscience rationnellement pour en sortir ; je te rejoins sur l’idée qu’une Révélation est nécessaire.

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    1. Cher Jean-Louis,
      J’ai choisi le thème du dérèglement climatique, non pour établir une hiérarchie des catastrophes, mais parce que le déni qui caractérise cette crise est particulièrement marqué. Plus que la matérialité des crises, leur dimension spirituelle sous-jacente m’intéresse, cette obsession à refuser de regarder le mal en nous qui nous conduit à le projeter sur les autres. Je suis plutôt d’accord avec ton analyse, même s’il faut prendre en compte l’échelle de temps : nous nous sommes déjà relevés de guerres monstrueuses, mais le dérèglement climatique se joue sur des siècles. Mais là n’est pas mon propos. Pour rejoindre ton point de vue, il me semble que la résolution de la crise en Palestine ou en Ukraine ne deviendra possible que si chacun des bords commence par regarder sa responsabilité, sa violence. Le contraire de la haine aveugle qui prévaut, et qui ne voit le mal que chez l’autre. « Tu ôteras le mal du milieu de toi », cette « loi » mosaïque qui résume le phénomène anthropologique qui constitue, je pense, le dénominateur commun de toutes les crises actuelles et le moteur de toutes les violences. Ainsi, toute révélation salvatrice doit nous amener à reconnaître notre part « d’impureté », autrement dit à renoncer à nos mythes.

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  5. Monsieur Van Baren :
    Merci beaucoup de nous partager vos idées.
    Je voulais vous demander (c’était le commentaire que je voulais faire à la fin de votre dernière conférence) si vous connaissez les essais de monsieur Jean-Claude Guillebaud. Je trouve bien d’affinités avec tout ce que vous dîtes sur l’indifférenciation des victimes et des persécuteurs. Lui il parle d’une « tyrannie du plaisir », c’est le titre d’un de ses livres ; cela semble un double monstrueux de ce que vous appelez « tyrannie des pénitences ». J’ai fait connaissance de lui au moyen du Cahier de l’Herne consacré à Girard, où il a un excellent article sur la judiciarisation de la société et la pénalisation du droit. Ces idées font aussi part du livre, mais sont surtout dans un seul des chapitres.

    Fernando Iturralde

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  6. Cher Hervé, je n’ai rien à ajouter à ton diagnostic pessimiste. Il rejoint le texte de Jean-Marc, qu’il nous a signalé. Sans oublier ce que j’ai moi-même développé dans plusieurs livres et articles. Là où je ne suis plus d’accord, c’est quand tu suggères (peut-être ai-je mal compris) que nous ne pouvons rien faire avant d’être au cœur de la crise. Nous avons en réalité beaucoup de choses à faire, individuellement et collectivent, pour réduire l’ampleur des catastrophes à venir. Et aussi, tout aussi important, pour nous préparer (intellectuellement, spirituellement et concrètement) à de plus grands changements, afin de rendre possible le sursaut salvateur quand il deviendra inévitable. Prophetiser ne peut pas servir d’alibi à la passivité, ce serait trop facile.
    Bernard Perret

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    1. Cher Bernard,
      Tu as évidemment raison, le constat que tout se joue au cœur de la crise n’invite ni à la passivité ni au fatalisme, et il faut le souligner. Il y a une formule dans la Bible pour décrire le juste positionnement face au spectre de la grande crise : « aplanir les chemins du Seigneur ». Tout acte constructif, pacifique et bon y participe. J’insiste seulement sur l’inéluctabilité de la crise ; ce n’est pas dans nos mains. La plupart des comportements nocifs, dont une partie ont été décrits dans les commentaires, découlent d’une peur ou d’un désespoir devant la catastrophe annoncée, et sont de deux ordres : soit « hâter le terme », qu’on en finisse une bonne fois pour toutes ; soit chercher à l’éviter à tout prix. Dans ces cas, on ne fait jamais qu’alimenter le feu. Et je te rejoins complètement lorsque tu dis que c’est aussi un temps pour se préparer (pas à la manière des survivalistes, je précise).

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  7. Oui Jean-Louis, le « réarmement », qui s’appliquerait même à la natalité (sic), nous indique assez où nous en sommes. Mais la critique du discours politique, qui fait de plus en plus appel à ces « éléments de langage » qui sonnent comme de la propagande, si elle est facile – comme toute critique – oublie peut-être que nos politiques sont mieux informés et plus conscients de la réalité que leurs commentateurs, et que leur art est difficile. En dépit de la brutalité et de la stupidité de ces « éléments de langage », comprendre les raisons pour lesquelles ils sont employés me parait important. Personne ne veut s’avouer que nous sommes menacés, c’est désagréable en effet, et on se rabattra sur les méchants conducteurs de SUV, sur les « agriculteurs-pollueurs », ou sur nous-mêmes : c’est le « sanglot de l’homme blanc ». La France est, parait-il, le pays le plus heureux du monde et où l’on compte aussi le plus de dépressifs (si l’on en croit la consommation d’antidépresseurs) et de pessimistes. La principale cause de mortalité chez les jeunes américains est due à la consommation de fentanyl, produit en Chine pour être exporté en Colombie, les bénéfices étant blanchis ensuite au Qatar (enquête récente publiée par Le Monde). Le fentanyl arrive déjà à Paris. On peut voir là, me semble-il, un aspect de la guerre mondiale qui se joue sous nos yeux.

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  8. « – C’est le châtiment !… Faites pénitence !… La fin des temps est venue !…
    – ??
    – Je suis Philippulus le Prophète, et je vous annonce que des jours de terreur vont venir !… La fin du monde est proche !… Tout le monde va périr !… Et les survivants mourront de faim et de froid !… Et ils auront la peste, la rougeole et le choléra !…
    – Voyons, Monsieur le prophète, passez votre chemin et rentrez vous coucher ! Cela vaudra mieux !…
    – Vous avez entendu ?… Il ose s’opposer à Philippulus le Prophète !… C’est un envoyé du Diable !… Un suppôt de Satan !… Retourne chez Satan, ton maître !…
    – Ce qu’il peut être agaçant, celui-là ! »

    Chacun aura reconnu dans ce dialogue la première rencontre de Tintin avec le prophète Philippulus, dans L’Etoile mystérieuse.
    J’ai trouvé que cet échange pouvait avoir sa place sur les commentaires des billets du blogue pour un certain nombre de raisons.

    D’abord comme clin d’œil amical à des billets et des commentaires toujours plus apocalyptiques.

    Pour satisfaire le goût des amateurs d’eschatologies, aussi : on peut en effet penser que les prophètes de malheur – et il n’est de bon prophète qu’un prophète de malheur – accompagnent l’humanité depuis ses tout premiers pas, ne serait-ce que pour participer autant que faire se peut à l’identification et au châtiment des coupables dudit malheur. Depuis le temps que l’annonce est faite, mathématiquement et fatalement, nous nous approchons de plus en plus du terme. Ouvrons bien les yeux.

    Les amateurs d’histoire du vocabulaire devraient également pouvoir se mettre à jour et faire leur miel du grand remplacement des termes désormais obsolètes « prophète » et « prophétie » par ceux de « collapsologue » et « collapsologie ».

    A cause ensuite d’une sorte d’étonnement : Car il semble bien, à y réfléchir, que s’il a existé une seule époque où l’humanité a pu penser enfin échapper aux malheurs qui ne cessaient de s’abattre sur elle, des pandémies meurtrières aux ravages dus à toutes les calamités violentes ou naturelles, c’est bien la nôtre ! Contre les Philippulus, constatons que jamais le bilan comptable de l’humanité n’a pu présenter autant de bénéfices dans sa colonne « actif ».
    Mais voilà qu’enfle déjà la gigantesque rumeur philipullusienne de ceux qui brandissent le « passif », colossal, et en cherchent à grands cris les responsables, et surtout les coupables.

    Parce que, enfin, moi aussi, effrayé par cette rumeur, j’aimerais bien les rencontrer, ces coupables, et en particulier un coupable bien précis, pour lui chanter Manon : celui qui, un jour, a mis dans la tête de l’humanité que son sort non seulement pourrait, mais pouvait s’améliorer ! Jusque-là, tout allait bien, chacun avait compris que si soulagement il pouvait y avoir, il se trouvait derrière les portes de la mort. Mais non ! Il a fallu changer ça ! Promettre à tout un chacun, et pas seulement aux riches et aux puissants, qu’ils allaient vivre mieux, avoir moins peur, moins mal, moins froid ! Promettre un truc nouveau, incroyable : le bonheur, quoi !

    Ah, je sais ce que je lui ferais, à ce fou furieux. Je lui montrerais un texte écrit par celui qui a cru un moment à ces bêtises, avant de revenir, mieux informé par des voyageurs, à de plus saines opinions, un « amer savoir ».

    D’ailleurs, le voilà, ce texte !

    « Étonnants voyageurs ! quelles nobles histoires
    Nous lisons dans vos yeux profonds comme les mers !

    ……….
    Dites, qu’avez-vous vu ?
    …….
    Et puis, et puis encore ?

    « Ô cerveaux enfantins !

    Pour ne pas oublier la chose capitale,
    Nous avons vu partout, et sans l’avoir cherché,
    Du haut jusques en bas de l’échelle fatale,
    Le spectacle ennuyeux de l’immortel péché :

    La femme, esclave vile, orgueilleuse et stupide,
    Sans rire s’adorant et s’aimant sans dégoût ;
    L’homme, tyran goulu, paillard, dur et cupide,
    Esclave de l’esclave et ruisseau dans l’égout ;

    Le bourreau qui jouit, le martyr qui sanglote ;
    La fête qu’assaisonne et parfume le sang ;
    Le poison du pouvoir énervant le despote,
    Et le peuple amoureux du fouet abrutissant ;

    Plusieurs religions semblables à la nôtre,
    Toutes escaladant le ciel ; la Sainteté,
    Comme en un lit de plume un délicat se vautre,
    Dans les clous et le crin cherchant la volupté ;

    L’Humanité bavarde, ivre de son génie,
    Et, folle maintenant comme elle était jadis,
    Criant à Dieu, dans sa furibonde agonie :
    « Ô mon semblable, ô mon maître, je te maudis ! »

    Et les moins sots, hardis amants de la Démence,
    Fuyant le grand troupeau parqué par le Destin,
    Et se réfugiant dans l’opium immense !
    – Tel est du globe entier l’éternel bulletin. »
    ….

    Amer savoir, celui qu’on tire du voyage !
    Le monde, monotone et petit, aujourd’hui,
    Hier, demain, toujours, nous fait voir notre image :
    Une oasis d’horreur dans un désert d’ennui !

    Alors, Baudelaire, collapsologue ?

    Alain

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    1. Dans son magistral « XIXe siècle à travers les âges », Muray oppose Baudelaire à Hugo. Celui qui sort dégoûté par son siècle, à celui qui le représente et qui sera porté en triomphe dans le Panthéon, où l’on enlève pour l’occasion la croix qui surmontait l’église, dernier symbole chrétien sur cette église qui fut dédiée à Ste Geneviève. C’est Hugo bien sur qui attire les foules, pas Baudelaire. Et selon Muray, nous serions restés prisonniers de ce siècle, qui commence avec cette proclamation d’un « droit au bonheur », et plus précisément selon lui : avec l’évacuation des cadavres du cimetière des innocents dans les catacombes. Soudain, on ne peut plus supporter l’odeur de la mort au cœur de la cité, ni les trafics et la prostitution qui se pratiquent dans le cimetière, jusque dans les caveaux. Les idéologies nées dans ce siècle, qui se résument en un mot : socialisme, que Muray associe à l’occultisme, auront produit les dégâts que l’on sait durant le suivant, et comme on le voit, cette horreur se prolonge. Alors oui Alain : Baudelaire prophète (de préférence à collapsologue bien sûr. Quel vilain mot, indigne de cet immense poète).

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      1. Bien sûr que vous avez raison, Benoît, d’associer pour les opposer Hugo et Baudelaire.
        Hugo, le prophète autoproclamé, tonnant de sa voix de bronze qui finit par sonner creux : il faut son immense génie du verbe pour qu’on continue à le lire.
        Et Baudelaire, dont la voix de douleur nous reste si proche.

        Vos suggestions m’ont renvoyé aux analyses de Jean Nayrolles, dans Le Sacrifice imaginaire. Il y met en évidence l’évolution de Baudelaire, pris dans la posture et le mensonge romantique de l’inversion sacrificielle du « tous contre un » au « un contre tous ». Baudelaire a d’abord revendiqué, et c’est le mot exact, le rôle de l’Unique face à la foule ignorante et persécutrice, se faisant ainsi l’arrogant prophète de Satan et son œuvre corruptrice au cœur de l’homme.
        Mais ce Baudelaire esthète, jouissant douloureusement de son « amer savoir » qui le condamnait à une haine qu’il ne cessait en même temps de rechercher, avait aussi en lui autre chose de bien plus profond : la preuve en est, selon Nayrolles, l’échec de son grand-œuvre autobiographique – « ce livre tant rêvé sera un livre de rancunes … J’ai besoin de vengeance comme un homme fatigué a besoin de bain », écrit-il à sa mère en 1863 – dont il ne reste que des fragments, Fusées ou Mon cœur mis à nu. L’homme du ressentiment qu’était Baudelaire a échoué à donner forme à sa haine parce qu’il a découvert en lui la force d’une compassion qu’il ne se connaissait pas, qui a fini par prendre l’aspect d’une conversion : « Ivresse religieuse des grandes villes. Panthéisme. Moi, c’est tous ; tous, c’est moi … Le poète jouit de cet incomparable privilège, qu’il peut à sa guise être lui-même et autrui ».

        Ainsi, une lecture attentive de l’œuvre montrera, au fur et à mesure du passage des années, la présence à chaque fois plus sensible, en particulier dans Les Poèmes en prose ou Fusées, de ce que l’on a appelé la double postulation baudelairienne, sans voir que cette postulation entre le satanique et le divin se nourrit d’une forme de fraternité dans la conscience du malheur, si loin du ressentiment, et si proche de nous.

        Oui, Benoît, Baudelaire prophète.

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  9. Et pourtant tout est accompli, il n’y a rien à faire, ce qui n’est pas laisser faire mais résister sans relâche, aimer ainsi à tout jamais, possédés libérés assis aux pieds du crucifié à contempler le désastre sans en tirer divertissement.
    Laissons aux lemmings la tentation de se taire, chantons le saint qui, implacablement, ne sera entendu qu’en termes païens, mais ne saura jamais retourner aux temps de servitude, jamais entendez-vous, même si, vaincus, nous préférerions nous taire, cela est tout à fait impossible, puisque l’oracle a parlé et que nous l’avons entendu, potentialité à jamais réveillée en nos cœurs qui désiraient le sacrifice pour usurper divinité, son sang versé par nous enlève toute possibilité aux ennemis de ne pas être son marchepied.
    Ne reste que le pardon, unique réalité, unique offrande pour le péché et seul modèle aux sanctifiés, le reste irrémédiablement est heureusement détruit, la pierre est solide sous les pieds de l’église enfin sans majuscule dédiée aux plus simples, veillons les uns sur les autres, pour nous exciter à la charité et aux bonnes œuvres, le sens inconnu à nos vies nous est donné, miracle du seul sacrifice exigé, un cœur et un esprit broyé.
    Ainsi exhortés réciproquement, nous n’abandonnerons pas notre assemblée, puisque nous sommes sauvés, définitivement libéré du sang versé.

    « C’est la vision des nombres. Nous allons à l’Esprit. C’est très certain, c’est oracle, ce que je dis. Je comprends, et ne sachant m’expliquer sans paroles païennes, je voudrais me taire. »

    http://www.mag4.net/Rimbaud/poesies/Sang.html

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  10. Le monde d’hier, de demain, de toujours, « une oasis d’horreur dans un désert d’ennui ». Bon. Les collapsologues réfléchissent à l’effondrement possible d’un tel monde. Je ne vois rien à reprocher à leur optimisme.

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  11. En écoutant de la musique ce soir, je repense à une personne célèbre, qui par deux fois, a pardonné : notre grande chanteuse Barbara. Elle a pardonné a son père incestueux (Nantes) et aux Allemands (Göttingen) car elle était d’origine juive.

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