Les guerriers de la paix

La violence et le sacré ne font qu’un, nous l’avons appris de René Girard. Mais un monde désacralisé n’est pas celui de la « réconciliation » annoncée par Hegel et plus ou moins prédit, à la fin du siècle dernier, par Francis Fukuyama (1) qui voyait dans la fin de la guerre froide non pas la fin des conflits inter-étatiques mais la victoire définitive de la démocratie libérale, soit la fin des guerres idéologiques. Dans son dernier livre, Achever Clausewitz, Girard constate le recul des idéologies et entend même déchirer le voile de méconnaissance qui accompagne le « retour du religieux ». Les idéologies et les guerres qu’elles ont générées n’ont été, selon lui, qu’une étape dans l’apparition d’un « principe planétaire de réciprocité ». Si donc, l’on habille la poussée islamiste d’habits religieux, si l’on parle d’une guerre de civilisations, c’est pour ne pas voir qu’avec la mondialisation, « le mimétisme s’est emparé de la planète ». Le terrorisme islamiste ne serait que « le prodrome d’une réponse plus redoutable de l’Orient à l’Occident ». (Soit, dans la langue actuelle, une réponse du Sud global au Nord).

Qu’est-ce à dire, sinon que nous sommes entrés dans une ère où la guerre n’est plus une institution chargée de « contenir » la violence : en s’imitant réciproquement, écrit Girard, l’URSS et le troisième Reich ont provoqué cette « guerre totale » où est morte l’institution de la guerre en Europe. Girard voudrait élargir cette lecture mimétique de l’histoire récente à toute l’histoire humaine : en amont, les excès des Croisades au XIIIème siècle trouveraient dans le djihad leur réponse mimétique. En aval, la lutte amorcée entre la Chine et les USA aurait moins à voir avec un « choc des civilisations » qu’avec la rivalité mimétique entre deux capitalismes de plus en plus ressemblants. Girard se dit « fasciné » par l’intuition clausewitzienne selon laquelle l’essence de la guerre est le duel ; celui-ci se définissant comme « montée aux extrêmes », selon la loi de réciprocité qui est l’essence même du conflit mimétique : « la guerre est un acte de violence et il n’y a pas de limite à la manifestation de cette violence. Chacun des adversaires fait la loi de l’autre, d’où résulte une action réciproque qui, en tant que concept, doit aller aux extrêmes. » Le duel est donc une lutte à mort et toute guerre menée selon ce principe mimétique, de réciprocité, est potentiellement une guerre d’extermination.

J’ai tenu à rappeler ces textes et le caractère apocalyptique de la violence guerrière selon Girard « achevant Clausewitz » (l’action réciproque ne se réduit pas à son concept, hélas), pour tenter de lire les tragédies actuelles à l’aide de cette grille girardienne. La menace nucléaire brandie par Poutine d’un côté, pour signifier qu’il ne peut pas perdre la guerre qu’il mène en Ukraine contre l’Occident et de l’autre, la « montée aux extrêmes » de la violence aussi bien du fait du Hamas, avec sa « razzia bénie » insensée du 7 octobre (2) que du fait du gouvernement israélien, accusé de « génocide », semblent bien conférer aux analyses de Girard une certaine actualité et une non moins certaine puissance explicative à propos de cette actualité. D’un point de vue qui n’est pas que girardien, ces deux guerres sont fratricides. Evidemment fratricides.

Cependant, d’un point de vue qui n’est pas girardien, ces frères ennemis, Russes et Ukrainiens, Israéliens et Palestiniens, qui ne voient que leur différence et repoussent leur identité, sont politiquement en opposition : les Ukrainiens voudraient majoritairement appartenir à l’Europe en tant qu’Etat souverain ; les Palestiniens voudraient vivre dans un Etat souverain, et dans les deux cas, cela leur est refusé au prix de la guerre. La haine réciproque ne se nourrit pas que de réciprocité, ces « jumeaux de la violence » ne sont pas seulement des « doubles », chacun voulant l’anéantissement de l’autre, il y a un enjeu politique et ce qu’on appelle la « communauté internationale » est prise à témoin : la Russie a violé le droit international en envahissant militairement un Etat souverain et Israël le viole tous les jours par ses colonisations illégales, elles-mêmes assorties de violences. Les deux Etats invoquent la légitime défense. La question est : que vaut le droit quand, au nom d’une légitimité supérieure, on lui substitue des rapports de force ? Les analyses de Girard permettent-elles de répondre à cette question ?

Le mimétisme ne produit pas que des conflits de doubles ; l’indifférenciation qui en résulte a produit du sacré à partir du « meurtre fondateur ». Girard a repéré chez Clausewitz « les mêmes mécanismes d’indifférenciation » qu’il avait déduits des mythes pour comprendre le religieux archaïque. C’est pourquoi la « montée aux extrêmes », selon lui, invite à interroger le religieux, à remonter aux origines. Au meurtre fondateur. Pour s’apercevoir que cettevviolence sacrée, fondatrice de toutes les institutions humaines, violence qui a fondé le droit comme un moyen de s’en protéger, le sacrifice et la guerre comme des moyens de l’exorciser et de la canaliser, est devenue purement destructrice : elle fait imploser tous les codes de la guerre, soumet le droit à ses propres fins et, à la différence d’un rituel, se manifeste de façon imprévisible. Les deux conflits qui retiennent notre attention et déchaînent des passions, en Ukraine et à Gaza, ont en commun, malgré leurs différences, de n’être pas des guerres déclarées. La communauté internationale, dont on évoquait plus haut l’arbitrage, est en réalité divisée : en gros, le « Sud global », regroupant avec les Palestiniens et la Russie les Etats hostiles à « l’impérialisme américain » contre le « Nord », auquel l’Ukraine et Israël sont rattachés.Un « duel » à plus grande échelle, qui tend à rendre caduque la notion de « droit international ».

La pensée girardienne s’oppose à l’idée d’une sacralisation de la guerre tout en montrant que l’humanité s’est auto-instituée à partir du mécanisme victimaire et que l’homme est en quelque sorte, issu du sacrifice ; mais il est menacé de disparaître s’il n’y renonce pas tout à fait. Sacraliser la guerre, c’est régresser dans quelque chose d’archaïque. On rencontre cette sacralisation chez des penseurs modernes, chez Hegel et chez Clausewitz, avec l’idée que « la guerre est divine » (Joseph de Maistre) parce qu’elle fait de l’animal conditionné par sa vie biologique un homme, un être libre, le maître dans la « dialectique du maître et de l’esclave ». La guerre est censée régénérer une communauté, en apaiser les tensions, comme le rituel du sacrifice, issu du meurtre collectif. On peut même voir dans le suicide terroriste un sacrifice, sauf qu’il est conçu à l’inverse du sacrifice primitif, non en vue d’une contention de la violence mais en vue de son extension : il s’agit de tuer le plus de mécréants possible et de s’imposer comme un modèle héroïque à imiter. Le fait est que la violence djihadiste est sacralisée, théologie et politique sont mélangées, (3) ce qui peut aider à comprendre que les fedayin du Hamas qui ont commis les atrocités du 7 Octobre étaient équipés de caméras thoraciques GoPro, afin de diffuser en ligne instantanément les images (insoutenables) de leur « geste héroïque ».

Dans son dernier livre, « apocalyptique », Girard fait l’aveu qu’il n’a aucun goût pour l’héroïsme, qu’il relie au religieux violent. « L’héroïsme est une valeur trop souillée pour que nous lui fassions crédit ; la canaille s’y est introduite. » (4) Les modèles héroïques sont caducs du fait de l’effacement de la médiation externe, fondée sur l’admiration, au profit de la médiation interne, fondée sur la contagion. Comment comprendre autrement le « modèle terroriste » ? Dans des essais récents sur le thème de la « métamorphose du sacré », c’est-à-dire de la substitution de la figure de la victime à celle du héros, les auteurs (5) citent René Girard : le souci des victimes est judéo-chrétien et c’est un thème girardien ; mais en désacralisant le héros, Girard ne sacralise pas la victime, qui a tout à craindre du culte que lui rend l’idéologie victimaire : c’est au nom de la défense des victimes qu’on tue et qu’on en multiplie indéfiniment le nombre. Et n’est-ce pas un effet pervers de la concurrence victimaire qu’aujourd’hui, sur les campus des plus prestigieuses universités comme Harvard et Stanford et maintenant Sciences Po, le peuple des rescapés de la Shoah soit accusé de « génocide » ?

C’est pourquoi la génération à laquelle j’appartiens et même la suivante est un peu « sous le choc ». Il n’a fallu que quelques semaines pour que les futures élites mondialisées considèrent l’agressé, victime d’un pogrom d’une atrocité inédite, comme l’agresseur du peuple palestinien, (6) et c’est ce qu’il est devenu, tuant des milliers de civils en cherchant à éradiquer les terroristes du Hamas sous un tapis de bombes : où l’on retrouve la « montée aux extrêmes » comme loi inexorable de l’action réciproque, c’est-à-dire du mimétisme. La vision des étudiants de la rue Saint-Guillaume arborant le keffieh palestinien et criant des slogans antisionistes, voire antisémites, interroge. Il est clair que nos universités, taraudées par le « wokisme », l’anticolonialisme et l’intersectionnalité ont trouvé dans  le colon juif un concentré de tout ce qu’elles veulent éradiquer, le parfait « bouc émissaire » ; il est non moins vrai que l’hécatombe interminable en cours sur le petit territoire surpeuplé de Gaza est sans équivalent dans toutes les guerres, plutôt rapides, menées par Israël depuis sa création en 1948 : la protestation contre cette guerre est légitime et d’ailleurs, à l’heure où je termine ce billet, le président américain, pour des raisons qui ne sont peut-être pas seulement électorales, vient de lui donner son approbation.

Cependant, ce qui est frappant, c’est que cette protestation légitime et qui se veut peut-être héroïque sur les campus américains est elle-même guerrière, ne se contentant pas de critiquer une politique, mais désignant comme son ennemi un peuple génocidaire, c’est-à-dire ennemi du genre humain. L’accusation de génocide donne raison aux analyses girardiennes : « La perte du droit de la guerre nous laisse face à l’alternative terrible de l’attaque et de la défense, de l’agression et de la réponse à cette agression, qui sont une seule et même chose (…) Le primat de la victoire, qu’il (Clausewitz) érige en règle, s’exaspère sur fond d’un mépris foncier de l’adversaire, qu’on doit finir par abattre» (7) Le mépris de l’adversaire, c’est pire que la haine, au fond de laquelle gît une forme de respect. Le respect s’adresse à la « dignité » de l’homme, le mépris déshumanise. Ce mépris de l’Autre que semblent partager aujourd’hui avec les fondamentalistes israéliens et les dirigeants du Hamas, les Etats et les individus qui ont pris légitimement la défense des victimes civiles de la guerre menée sur la bande de Gaza, fait d’eux non des médiateurs mais des « guerriers de la paix » : ils n’empêcheront pas la « montée aux extrêmes » de suivre son cours.

(1) F. Fukuyama, La fin de l’histoire et le dernier homme, 1992, Flammarion, coll. Histoire.

(2) Gilles Kepel, dans « Holocaustes », 2024, Plon, montre comment les protagonistes de cette guerre entremêlent dans leurs discours et dans leurs actions religion et politique. Nommée « Déluge d’al-Aksa », l’attaque du 7 octobre réfère à une sourate du Coran qui reprend partiellement l’histoire de l’arche de Noé. La mosquée d’al-Aksa de Jérusalem est devenue le symbole du viol par les Juifs des lieux saints musulmans.

(3) Par-delà la référence au déluge, la « razzia bénie » du 7 octobre veut imiter un haut fait du Prophète, la razzia contre les Juifs vivant dans l’oasis de Khaïbar en l’an 7 de l’Hégine, (628), action sainte d’une grande cruauté.

(4) Achever Clausewitz 2007, Carnets nord, p. 191.

(5) F.Azouvi, Du héros à la victime, Gallimard, 2024 coll. essais ;P.Bruckner, Je souffre, donc je suis. Portrait de la victime en héros, Grasset, 2024 coll. Les Essais.

(6) Un point commun entre les Juifs et les Ukrainiens est d’avoir été « nazifiés » par leurs ennemis, où l’on retrouve l’inversion de la victime en bourreau.

(7) AC, p.127. « abattre » est souligné par René Girard.

22 réflexions sur « Les guerriers de la paix »

  1. Remarquable article de Christine Orsini , je voudrais juste ajouter ceci : le non respect de la séparation du religieux et du politique ( principe judéo-chrétien fondement de la démocratie ) ou l’anéantissement de l’un par l’autre me semble jouer un rôle important dans les deux guerres qui nous occupent . Le régime poutinien , totalitaire , a piétiné le spirituel, le Hamas ( soutenu par l’Iran qui a anéanti le politique) mélange un religieux extrême ( dont l’inspiration divine reste à démontrer ) et une politique extrémiste barbare et tyrannique quant à Israël la coalition actuellement au pouvoir est un dangereux assemblage d’un politicien élu démocratiquement mais véreux et d’intégristes religieux fanatiques.Je crois me souvenir que R.G a dit qu’on n’améliorait pas la politique par l’apport du religieux mais qu’on pourrissait le religieux ( le vrai , d’inspiration divine ) par la violence de la politique. Vive la loi de 1905 à laquelle tous ceux qui veulent faire société avec nous doivent se conformer …Jacques Legouy

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    1. Merci pour ce commentaire très bien venu : la confusion entre religion et politique pourrait faire partie de ce phénomène d’indifférenciation dont René Girard pense qu’il est en cours d’achèvement sur la planète. « Les guerres terroristes et autres pandémies qui nous menacent, écrit-il, peuvent donc tout à fait nous rappeler la peste thébaine. » Mais vous remarquez autre chose : cette confusion sert les intérêts des groupes ou des Etats voyous (la Russie en est devenu un) pour qui la violence est pour ainsi dire une façon d’être puisqu’ils ne séparent pas la bonne violence de la mauvaise à l’aide de règles de droit. Comme il faut bien des règles de conduite, ils les trouvent dans leurs traditions, leur lecture nationaliste de l’histoire et dans des lectures tendancieuses de leurs livres saints. Ils substituent au « droit de la guerre », sur lequel les belligérants peuvent s’entendre, la notion de « guerre juste » ou de « guerre sainte » : l’ennemi est un monstre moral qu’il faut anéantir. Il me semble que vous avez raison de comparer à cet égard Poutine, le Hamas et le gouvernement des fondamentalistes religieux israéliens, ils ont en commun le ressentiment à l’égard du vainqueur et le mépris à l’égard du vaincu : l’Occident décadent joue sur ces deux tableaux le rôle de l’ennemi à abattre.

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  2. L’ennemi c’est le nihilisme a dit RG .Cet état d’indifférenciation dont vous parlez dans lequel plus rien ne vaut , ni lois ni droits , ni règles , ni traités, ni respect de la parole donnée, où chacun vient avec ses propres « valeurs » ( en fait sa « volonté de puissance » ) qu’il rève d’imposer au monde entier , qu’elles soit politiques ou religieuses C’EST le nihilisme qui risque de tout emporter et contre lequel la religion chrétienne en général et catholique en particulier qui a vocation à l’universalité ( quand elle est bien comprise , pas comme une « valeur » refuge ou identitaire à défendre ) constitue le dernier et fragile rempart . Ce message apologétique c’est celui de RenéGirard et celui de Jean Luc Marion ( même di ces deux là se sont mal compris et ont dit l’un sur l’autre ( et lycée de Versailles ) quelques bêtises .JL

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  3. Vous posez, Christine, les conditions pour sortir de l’aimantation irrésistible des conflits contemporains, la montée aux extrêmes théorisée par Girard et malheureusement confirmée par l’histoire récente. C’est un changement d’axe : passer de celui qui relie les victimes à leurs bourreaux – le conflit à Gaza montre assez bien l’interchangeabilité de ces extrémités – à l’axe qui va de la haine (du mépris) au pardon. « la ligne de partage entre le bien et le mal ne sépare ni les États ni les classes ni les partis, mais elle traverse le coeur de chaque homme et de toute l’humanité » (Solzhenitsyn). Vous le faites avec votre rigueur intellectuelle habituelle. Merci !

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    1. Cher Hervé, votre lecture de mon billet est comme votre lecture de la Bible, généreuse et girardienne. Car, faute de place et pour respecter la règle de l’unité de thème ou de sujet, je n’ai rien dit de ce changement d’axe qui va de la haine méprisante au pardon. C’est dessiné en creux. Puisque la violence ne peut accoucher que d’une paix factice ou d’elle-même, c’est à une conversion que Girard attribue la possibilité de métamorphoser la mauvaise réciprocité qui fait monter aux extrêmes en cette bonne réciprocité qui nous ferait reconnaître dans notre ennemi un « frère ».

      De la haine au pardon, dites-vous. La charité et le pardon ne sont en rien des règles s’imposant aux agents comme le sont les devoirs de vengeance ou de solidarité avec le groupe auquel ils appartiennent, ils ont une origine religieuse, ils découlent de la révélation chrétienne de l’innocence de la victime et de la remise en cause du sacré. La charité et le pardon sont aujourd’hui, comme elles l’ont toujours été, des pratiques individuelles, ni imposées ni sanctionnées par la société et on voit mal comment des Etats pourraient les pratiquer. De plus, pour que le pardon réussisse, il faudrait que celui à qui l’on pardonne (il n’est pas innocent, forcément, puisqu’il faut lui pardonner) soit d’accord, accepte de reconnaître ses fautes en quelque sorte.

      Nos sommes complètement dépendants les uns des autres et mimétiques. C’est peut-être pour cela que la mauvaise réciprocité, celle de la vengeance pourrait se convertir en bonne réciprocité, par effet de contagion ?

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      1. Le monde ne connaît rien d’autre que l’axe qui va du méchant au gentil, de l’agresseur à la victime. Ce que votre article montre, je pense, c’est que cet axe a perdu sa stabilité, un peu comme les pôles magnétiques qui périodiquement basculent chaotiquement et s’inversent. Nous restons attachés à cette polarisation parce qu’elle nous semble garantir la stabilité du monde, la situation actuelle nous fait « perdre le nord ». Or cette disparition a un sens profond quand on réalise qu’elle est nécessaire pour nous faire découvrir le véritable axe du bien et du mal, celui si bien décrit par Solzhenitsyn. La disparition de l’axe mythique n’est pas une condition suffisante pour garantir le basculement collectif vers le pardon, bien entendu ; mais c’est une condition nécessaire.

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  4. Dommage, à mon sens, que votre raisonnement s’appuie sur la fausse idéologie « mimétiquement » et artificiellement répandue par nos médias de grand chemin à laquelle Dieu merci! de plus en plus de gens ont cessé de croire! … La Russie n’est pas dans une escalade mimétique, et fait même tout depuis des lustres pour désamorcer ce conflit… Vraiment dommage que vous soyez partis de ces postulats faussés… Je vous conseille d’écouter ce qu’en dit Caroline Galactéros ( https://www.youtube.com/watch?v=F2u78WRlaXc) ou Jacques Baud (https://www.youtube.com/watch?v=80aqgYxfBlA&t=1693s), ou les très belles analyses de L’Antipresse de Slobodan Despot (https://www.youtube.com/watch?v=LRWsbp0MJdA) qui ont des analyses géopolitiques qui pourraient étayer dans un tout autre sens votre article en déplaçant les éléments tout en restant dans la perspective girardienne.

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    1. Anonyme, votre commentaire m’a plongé dans des abîmes de perplexité. Je passe sur l’ancrage visiblement pro-russe, au point qu’on pourrait vous soupçonner vous aussi de pratiquer « la fausse idéologie mimétiquement et artificiellement répandue dans nos médias… ». J’entends dans vos propos :

      • Qu’il y a une propagande anti-russe en Occident qui refuse de voir les formidables efforts déployés par la Russie depuis 10 ans pour assurer la paix (notamment en Géorgie, en Syrie, dans le Donbass et en Crimée, et maintenant au Sahel).
      • Que Madame Orsini a raté de peu l’article véritablement girardien parce qu’elle s’est laissée entraîner dans cette regrettable dérive.
      • Qu’une véritable analyse girardienne prendrait en compte des analyses géopolitiques originales, dont vous fournissez quelques exemples.

      J’ai donc quelques questions qui vous permettrons (ou pas) de préciser vos propos.

      • Où dans l’article avez-vous lu que Mme Orsini prenait parti pour l’Ukraine, contre la Russie ? Où avez-vous trouvé des traces de cette propagande occidentale ?
      • Les vidéos que vous mentionnez sont des analyses géopolitiques, comme vous le dites. Ne pensez-vous pas que le propos de Mme Orsini est précisément de montrer que toutes ces analyses participent, parfois involontairement, à la polarisation violente du conflit ? Qu’on le veuille ou non (les vidéos en sont la parfaite illustration), on prend parti.
      • Pour le dire autrement, ne pensez-vous pas que si Mme Orsini pratiquait dans son article ce sport très en vogue de « l’analyse géopolitique », alors elle pourrait effectivement être accusée de ne pas être cohérente avec la pensée qu’elle défend ?
      • En conséquence, seriez-vous d’accord pour dire que c’est votre commentaire, au contraire de l’article de Mme Orsini, qui s’éloigne regrettablement de l’esprit de la théorie mimétique ?

      Si vous daignez me répondre, merci de signer votre commentaire – WordPress semble depuis peu reléguer à l’anonymat un certain nombre d’entre eux.

      Hervé van Baren

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  5. A l’Anonyme pro Poutine : Du temps de l’URSS, que j’ai bien connu, les dirigeants n’ont jamais été que des champions de la paix, accusant l’impérialisme américain d’être fauteur de guerre et je vois que le dirigeant actuel de la Russie reprend le même refrain. Je n’ai rien de plus à ajouter au commentaire de Hervé van Baren que ceci : je reconnais que dans un commentaire, j’ai traité la Russie actuelle d’Etat voyou, parce qu’en envahissant l’Ukraine, elle a violé le droit international. Je peux être mal informée ; je ne conteste pas qu’en France comme dans tous les pays démocratiques, la désinformation existe, mais elle n’est pas forcément intentionnelle et il existe des organismes de contrôle de l’information. Par contre, ce qui n’existe pas chez nous, en démocratie, c’est la propagande d’Etat, cet auxiliaire indispensable de toute guerre. La violence est mariée avec le mensonge, il est à peine besoin de lire Girard pour le savoir. « C’est une étrange et longue guerre que celle où la violence essaie d’opprimer la vérité ». (Pascal) Non seulement la propagande est le nerf de la guerre contre des ennemis de l’extérieur mais elle est indispensable pour prévenir la contestation : les ennemis de l’intérieur. Et il devrait vous être difficile de nier que sous le régime de Poutine, la propagande s’est substituée à ‘information pluraliste, telle qu’elle existe chez nous.

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  6. Chers amis

    je vous trouve bien bons de daigner répondre à ce qui émane à l’évidence d’une officine propagandiste, ou complotiste, ou des deux à la fois , ou encore à une sorte de message automatique produit par une intelligence artificielle ( ou le mot intelligence est ici superflue).Jacques Legouy ( JL)

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    1. Je rejoins tout à fait Jacques Legouy. Nous n’avons pas de temps à perdre à répondre à nos ennemis: ils ne demandent que cela. Encore fait-il préciser ce terme, au risque d’attirer des reproches légitimes: « Ce n’est pas nous qui désignons l’ennemi; c’est lui qui nous désigne » (Julien Freund). Il faut en effet se résoudre, à contrecœur hélas, à prendre conscience des caractéristiques insidieuse de cette 3è guerre mondiale qui s’est engagée, et qui nous oblige à la fois à réapprendre le combat dans les tranchées (en Ukraine, bien sur, mais aussi au sein de l’armée française, comme vient de me le confirmer un officier) et à notre niveau, à nous prémunir contre la désinformation qui pollue internet en général et un blogue tel que le notre en particulier (il y a de bonnes raisons à cela, je pense).

      Là encore, afin de prévenir l’accusation toute prête de nos ennemis; rappelons que les techniques de désinformation et d’influence ont été théorisées et employées à grande échelle par des compagnies capitalistes, les lobbys du tabac, du pétrole et du sucre notamment: instiller le doute, systématiquement, sur toutes les recherches scientifiques qui allaient à l’encontre de leurs intérêts. Pour une histoire de la désinformation systématique et de ses principaux théoriciens, on peut lire cette enquête « Lobbytomie, comment les lobbies empoisonnent nos vies et la démocratie », de Stéphane Horel, ed La Découverte, où l’on apprend notamment, p. 16, que le principal théoricien de la désinformation, Edward Bernays est le neveu de Sigmund Freud dont il se réclame ouvertement, ce qui lui a permis d’ouvrir les portes des revues scientifiques…

      Ceci pour préciser que nous n’avons rien contre les Russes ou les Chinois, et que nous ne défendons aucun système économique ou politique, si ce n’est la démocratie. J’avais déjà préconisé de censurer tous les messages anonymes afin de préserver la qualité de nos interventions respectives, je persiste dans ce sens, car je ne vois pas d’autre moyen dans l’état actuel des choses. Ne soyons pas victimes de notre naïveté, qui à mon avis, n’est pas une qualité particulièrement girardienne….

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      1. Cher Benoît, est-ce que donner une leçon, sur ce ton sévère, à ses camarades en démocratie est girardien? La démocratie est peut-être une forteresse assiégée mais ceux qui l’habitent et la défendent ont comme habitude de donner la parole à tout le monde et de pratiquer le dialogue. Je reconnais que mon précédent commentaire n’était pas forcément utile mais je lui vois le mérite d’introduire, entre la désinformation et la propagande une nuance qui a son importance. Enfin, à mon humble avis. Et, à ma connaissance, notre blogue n’est pas submergé par des messages polluants. C’est peut-être pour ça qu’on reste naïvement attachés au débat, même quand ça ne s’impose pas, je vous donne raison sur ce point.

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      2. Christine. Désolé, je n’avais pas l’intention, ni l’impression de donner une leçon, et encore moins sur un ton sévère… Votre réaction me surprend. Veuillez donc accepter mes excuses. Je trouve pour ma part que le blogue, s’il n’en est pas submergé, souffre de la fréquence de plus en plus importante de « messages polluants ». Mon degré de tolérance est sans doute très bas, ou alors, mon degré d’angoisse face à la situation actuelle trop haut. Peut-être vaudrait-il mieux me retirer, tout simplement. C’est sans doute ce qui est souhaité. Je vous souhaite à tous bonne chance, puisque vous avez choisi de répondre courageusement aux messages que je trouve pour ma part insupportables, et que ce sont mes messages qui apparaissent sévères et donneurs de leçon.

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  7. La « puissance explicative » de René Girard est plus pertinente que jamais. Mais comment sortons-nous de cette apocalypse ? Comment promouvoir le pardon, la charité, l’amour du prochain en un mot ? Le nihilisme, que j’appelle « crise du désir », nous bloque. De quel tréfonds peut venir la foi qui nous fera soulever les montagnes de la haine et du mépris ? Et avec la foi, l’espérance ? Je repense à cette belle phrase de Michel Serres : « Nous ne devrions plus être là, si formidablement travaille la haine.  Or le monde est toujours là. » Où se cache l’amour ?

    Joël Hillion

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    1. Où se cache l’amour ? Mais chez les saints cher Joël Hillion . Chez tous ceux qui sont parvenus à accéder au troisième ordre pascalien , qu’ils viennent du premier ou du deuxième ordre , ou plus modestement chez tous ceux qui s’efforcent d’y accéder en effectuant la conversion dont parle Christine Orsini . Les prescriptions de l’ami James Alison peuvent très bien servir de méthode : La dédistorsion des désirs, le don de soi , le pardon des offenses …

      Jacques Legouy

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  8. Le livre est ouvert qui marque les pages du destin européen.

    « La panthère noire était elle-même le spectre de son propre père. Il prenait des stupéfiants pour effacer. Pour ce bon office, grand merci. La solitaire maison près du cimetière est inhabitée. Pas une créature humaine ne voudrait vivre là. L’araignée file sa toile dans la solitude, Le rat nocturne montre son museau au bord de son trou. Elle est maudite. Elle est hantée. Propriété du meurtrier. »
    (Ulysse, James Joyce)

    La violence est à jamais séparée du sacré, définition du saint exactement formulée qui renvoie tout un chacun à sa réalité.

    il est donc essentiel en cet inévitable confusion réitérée qui refuse cette réalité, de ne plus se mobiliser sur des sophismes, et de comprendre enfin que la défense de ce qui nous différencie est cela qui nous indifférencie.

    Les ennemis resteront confondus en la même méprise tant qu’ils n’accèderont pas à la réalité du texte, voteront pour le Bousquet de pacotille qui trompe son monde comme le leader israélien à vouloir retourner aux ténèbres de ce qui déjà menait le monde au désastre, la domination est une division, et si nous ne voulons pas que le sionisme et l’antisionisme s’autodétruisent, il est vraiment l’heure pour les humains de toute race et de toute obédience de tirer l’enseignement essentiel du judaïsme :

    « En 1972, un penseur français lançait la théorie selon laquelle « la violence est le coeur et l’âme secrète du sacré » 2. A l’origine, en effet, et au centre de toute religion il y a le sacrifice, et le sacrifice comporte destruction et mort. Le journal « Le Monde » saluait cette affirmation, déclarant qu’elle faisait de cette année-là « une année à marquer d’un astérisque dans les annales de l’humanité ». Mais déjà avant cette date, ce savant s’était rapproché du christianisme et, à Pâques 1959, avait rendu publique sa « conversion », se proclamant croyant et revenant à l’Eglise. Cela lui permit de ne pas s’en tenir, dans ses études suivantes, à la seule analyse de la violence, mais d’indiquer comment en sortir. Beaucoup, hélas, continuent à citer René Girard comme celui qui a dénoncé l’alliance entre le sacré et la violence, mais ne disent rien sur le Girard qui a affirmé que le mystère pascal du Christ a cassé et rompu pour toujours cette alliance. Selon lui, Jésus démasque et brise le mécanisme du bouc émissaire qui sacralise la violence, en se faisant, lui innocent, la victime de toutes les violences. Le processus qui conduit à la naissance de la religion est inversé par rapport à l’explication qu’en avait donnée Freud. Dans le Christ, c’est Dieu qui se fait victime, et non pas la victime (chez Freud, le père primordial) qui, une fois sacrifiée, va être ensuite élevée à la dignité divine (le Père des cieux). Ce n’est plus l’homme qui offre des sacrifices à Dieu, mais Dieu qui se « sacrifie » pour l’homme, en livrant pour lui à la mort son Fils unique (cf. Jn 3, 16). Le sacrifice n’a plus pour fonction d’« apaiser » la divinité, mais plutôt d’apaiser l’homme et de le faire renoncer à son hostilité envers Dieu et envers son prochain. » 

    https://fr.zenit.org/2010/04/02/vendredi-saint-homelie-du-p-raniero-cantalamessa/#google_vignette

    « Le sang païen revient ! L’esprit est proche, pourquoi Christ ne m’aide-t-il pas, en donnant à mon âme noblesse et liberté. Hélas ! l’Évangile a passé ! l’Évangile ! l’Évangile.

    J’attends Dieu avec gourmandise. Je suis de race inférieure de toute éternité. »

    http://www.mag4.net/Rimbaud/poesies/Sang.html

    Il est tout petit, le camarade européen, quand il accède à la lucidité de sa défaite impériale, aussi faible que la toute-puissance de la vérité, celle qui dissout toutes les illusions.

    Après deux guerres mondiales et un génocide, la puissance impériale ne peut plus se laver les mains de la faute désormais même malgré nous confessée.
    Nous avons le choix, en rester à l’économie du tous contre un qui aujourd’hui se retourne contre l’Occident, ou prendre conscience en Européen de la nouvelle architecture de l’amour du prochain.

    Osera-t-on prétendre nous défendre avec ces méthodes à la Roy Cohn, important de l’est comme de l’ouest la résurrection des vieilles recettes totalitaires dont Netanyahou est pourtant l’exemple probant de l’inefficacité à protéger du pire, à faire du sionisme un nouveau totalitarisme, de la Jérusalem céleste un argument de colon belge congolais, aussi irrecevable que les trumpismes poutiniens qui manipulent les incultes et méritent la prison ?

    L’idée sainte ouvre la voie glorieuse au règne de la raison, l’existence essentielle d’Israël sera garantie par le bien-être du peuple palestinien.

    Il n’y a pas d’autre voie pour éradiquer le terrorisme que la justice.

    Esmeralda des pages du livre danse encore au parvis de la cathédrale effondrée de n’avoir su s’émanciper des pièges faustiens de la domination.
    Elle célèbre, face à tous les complotismes désinhibés qui ne savent que crucifier sans savoir tirer la moelle substantifique des répétitions désormais virtualisée à l’infini du sacrifice, elle danse la gloire véritable de l’inanité du rite auquel on la soumet.

    Ne restent plus aux sacrificateurs que pensée magique et baguette de sourcier pour se coiffer de l’aura blonde, font du judaïsme une race d’inconscients effacés par leur propre inconscience, se pensent supérieurs alors qu’ils chutent ainsi au fossé de toutes les infériorités, courent au supplice pour justifier d’une illusoire protection qui les menace.

    Qui triomphe si ce n’est la victime juive innocente, quand tous autant que nous sommes, Juifs ou non, nous cédons et restons sourds à sa parole, aveugles leurrés par le sujet ambigu du tableau, alors que dans le noir du fond lumineux régnait, règne et règnera la toute-puissance assassinée de la vérité de la croix :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint_Jean-Baptiste_(L%C3%A9onard_de_Vinci)#/media/Fichier:Leonardo_da_Vinci_-_Saint_John_the_Baptist_C2RMF_retouched.jpg

    Il reste donc aux humains d’apprendre à lire car le livre est ouvert, le rationalisme est lumière sur nos relations qui savent, et complètement, distinguer le faux du vrai, les deux familles de religion qui encore nous séparent et nous ramènent aux chemins des guerriers, dont Michel Serres accueillant son frère de lumière aux sombres académies distinguait pourtant « celles qui unissent les foules forcenées autour de rites violents et sacrés, générateurs de dieux multiples, faux, nécessaires ; celle qui, révélant le mensonge des premières, arrête tout sacrifice pour jeter l’humanité dans l’aventure contingente et libre de la sainteté, pour lancer l’humanité dans l’aventure contingente et sainte de la liberté. »

    L’Europe est prête à cette confession du renoncement aux empires de la domination générateurs de décadence, la vérité triomphe d’être la vérité, le Dieu si difficile à saisir est tout proche, Il nous donne ce courage « de reconnaître le mystère de la libération et de la liberté comme don de la rédemption, toujours à nouveau difficile pour les hommes qui veulent retourner à l’état antérieur. Mais grâce aux actions miséricordieuses de Dieu, ils peuvent sans cesse réapprendre que la liberté est le grand don qui conduit à la vraie vie. »  (Benoit XVI)

    « Tout droit vers la mer morte leurs pas les mènent boire, inassouvis et en d’horribles goulées, le flot dormant, salé, inépuisable. Et le prodige équestre de nouveau croît et se hausse dans le désert des cieux à la taille même des cieux jusqu’à recouvrir, démesuré, la maison de la Vierge. Et voici que, prodige de métempsychose, c’est elle, l’épouse éternelle, avant-courrière de l’étoile du matin, l’épouse, toujours vierge. C’est elle, Martha, douceur perdue, Millicent, la jeune, la très chère, la radieuse. Comme elle est à présent sereine à son lever, reine au milieu des Pléiades, à l’avant-dernière heure antélucienne, chaussée de sandales d’or pur, coiffée d’un voile de machinchose fils de la vierge ! Il flotte, il coule autour de sa chair stellaire et ondoie et ruisselle d’émeraude, de saphir, de mauve et d’héliotrope, suspendu dans des courants glacés de vent interstellaire, sinuant, se lovant, tournant nos têtes, tordant dans le ciel de mystérieux caractères au point qu’après des myriades de métamorphoses il flamboie, Alpha, rubis, signe triangulé sur le front du Taureau. »

    https://fr.wikiquote.org/wiki/Ciel_%C3%A9toil%C3%A9

    « Dieu ne nous a pas envoyés en exil parce que nous n’avions pas d’armée, mais parce que nous avons péché. »

    https://www.cairn.info/revue-internationale-et-strategique-2004-4-page-17.htm

    Alors cher Héros, loup déguisé en mouton, l’heure de l’Europe a sonné, il n’y a d’héroïsme qu’en l’aveu de ta condition de persécuteur tombé à terre, pour de la vérité être la sainte incarnation.

    Tu as le choix de continuer à mentir, tu disparaitras.

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  9. A Benoît. Vous écrivez :  » Ne soyons pas victimes de notre naïveté, qui à mon avis, n’est pas une qualité particulièrement girardienne…. ».Je suis absolument d’accord avec cela.

    Mais, précisément, vous qui rappelez les origines, les techniques et les objectifs de la désinformation, vous avez oublié d’en noter un, que vous connaissez aussi bien que moi et que nous tous : la volonté de créer les conflits et la division au sein de la démocratie, que ce soit au plan national ou sur le plan des multiples groupes qui la font vivre, y compris celui de ce blogue. Alors, oui, ne soyons pas naïfs, ne donnons pas matière à nos adversaires, qui pourraient bien se révéler être des ennemis, de se réjouir en nous voyant tomber dans leurs pièges. La démocratie vit de la discussion, et la censure la fait mourir.

    Alain

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  10. je reviens sur mon idée fixe ( mal assez répandu dans la communauté qui nous intéresse…) :est-ce que le non respect de la séparation du politique et du religieux ( injonction christique ) ne fait que participer à l’indifférenciation ou en est-il , au moins en grande partie responsable ? Je n’ai pas les moyens de trancher la question .Il me semble seulement qu’elle mérite d’être posée et que du respect de ce principe dépend directement le degré de démocratie d’une société et en constitue un outil d’analyse particulièrement discriminant et efficient .

    Jacques Legouy

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    1. A Jacques Legouy. Je crois que votre conviction, en forme d’interrogation, concernant l’amalgame entre politique et religion, trouvera une saine et robuste nourriture et un puissant écho dans le lien donné par Aliocha, le dernier lien à la fin de son commentaire; l’entretien de Pascal Boniface avec Yakov M. Rabkin, auteur de « Au nom de la Torah, une histoire de l’opposition juive au sionisme ». Refusant énergiquement l’amalgame entre antisionisme et antisémitisme, l’historien rappelle avec rigueur et précision le fossé qui sépare la religion juive du nationalisme israélien. Il va très loin : « Depuis le début, dit-il, il existe une confluence d’intérêts entre les antisémites qui veulent se débarrasser des Juifs et les sionistes qui veulent les concentrer sur un territoire. » Et ceci : »Même si la propagande antisémite que diffusent certains médias arabes encourage la violence antijuive (et, de ce fait, renforce la conscience sioniste), c’est la politique d’Israël à l’égard des Palestiniens qui est à la source des actes antisémites en Europe. » Enfin : « Il est grave que les juifs, minorité avant tout religieuse que la tradition oblige à la pudeur, la miséricorde et la bienfaisance, soient de plus en plus associés aux images de soldats et de colons armés qui remplissent les écrans de télévision du monde entier. »

      Un grand merci à Aliocha pour les textes qu’il nous propose et qui soit nous rappellent opportunément des analyses soit nous en font découvrir de nouvelles. Je ne savais pas pour ma part qu’il existe des hommes politiques et des rabbins qui considèrent le nationalisme israélien comme une « idolâtrie » et pensent que pour économiser des vies, « on devrait sacrifier le projet sioniste qui, de toute façon, se trouve dans une impasse. »

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      1. « On les verra d’une façon plus approfondie au cours des pages qui suivront ; mais on a voulu provisoirement prévenir l’erreur funeste qui consisterait, de même qu’on a encouragé un mouvement sioniste, à créer un mouvement sodomiste et à rebâtir Sodome. Or, à peine arrivés, les sodomistes quitteraient la ville pour ne pas avoir l’air d’en être, prendraient femme, entretiendraient des maîtresses dans d’autres cités, où ils trouveraient d’ailleurs toutes les distractions convenables. Ils n’iraient à Sodome que les jours de suprême nécessité, quand leur ville serait vide, par ces temps où la faim fait sortir le loup du bois, c’est-à-dire que tout se passerait en somme comme à Londres, à Berlin, à Rome, à Pétrograd ou à Paris. »

        https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Proust_-_%C3%80_la_recherche_du_temps_perdu_%C3%A9dition_1919_tome_9.djvu/48

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  11. A Benoît (Hamot) et Alain : je ne suis pas sûre que Girard soit si étranger que cela à la naïveté, sauf évidemment si l’on en fait le synonyme d’imbécillité. La photo de couverture de la Biographie de Girard par Benoît Chantre montre un homme, un très bel homme je trouve, qui rit comme un enfant. Une allusion sans doute à sa jeunesse de chahuteur et aussi à son côté inclassable, il a vraiment l’air d’un « farceur ». Dans l’ouvrage de Benoît (Chantre), un chapitre intitulé : « le rire de Dieu », traite d’un texte de RG très ancien (début des années 50), tapé à la machine, intitulé « Naïveté du rire ». Un texte philosophique repris en partie dans La Voix méconnue du réel. Ce n’est pas vraiment notre sujet mais il dit, en gros, que les grands auteurs se sont efforcés de neutraliser la méchanceté du rire, facteur de dissolution sociale (il est contagieux et sépare le rieur du risible) en lui redonnant sa « naïveté ». Il s’agit toujours pour la littérature de lutter contre la loi du monde qui est le mépris d’autrui ou de soi-même. Le rire « naïf » : « Chacun est rieur et risible. Paisible réversibilité des relations. » (p.199) Le rire naïf est un médiateur de paix.

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  12. Le masque baille sur un autre masque, disait Olivier Py : terreur, donc rire.

    Le sujet de la comédie est le même que celui de la tragédie, le rire qui évite la catastrophe et les pleurs qui la regrettent ne sont que des réactions mimétiques aux violences du même nom, et le merveilleux portrait choisi par Benoit Chantre témoigne de l’insolence de la vérité qui irrite ce qui ne peut rien contre elle.

    Alceste aussi, scandalisé, jure de partir à tout jamais, pour rester jusqu’à la fin de la pièce derrière le sofa de la coquette qu’il finira, avec nous tous, par fustiger.

    Allons, en clin d’œil aux goûts rossiniens de James Alison, nous sommes tous vus tels que nous sommes, Papataci céleste qui saurons nous reconnaitre ridicules aux miroirs de qui nous voit tels qu’il nous a faits, quand enfin nous saurons rire de nous-mêmes :

    https://www.youtube.com/watch?v=wLz1nPyt-6E

    Si vous voulez la traduction française en sous-titres, ici à 2:18:25 :

    https://www.youtube.com/watch?v=gXeRxr9egSE

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