Conférence : « Dessiner les figures d’un monde possible »

Dans le contexte de la crise sanitaire, l’Association Recherches Mimétiques s’efforce de maintenir un rythme normal de manifestations. C’est par visioconférence que Bernard Perret a présenté ses réflexions sur « ce qui se profile derrière la crise », le 20 novembre dernier.

En voici l’enregistrement intégral. Bienvenue aux personnes qui n’ont pu se connecter en temps réel, et également bien sûr à tous ceux que le sujet intéresse.

Bernard Perret a publié le mois dernier : « Quand l’avenir nous échappe  » aux éditions Desclée de Brouwer.

Le lien vers la conférence :

5 réflexions sur « Conférence : « Dessiner les figures d’un monde possible » »

  1. Je viens d’écouter avec infiniment d’intérêt cette visioconference que j’ai vue comme une sorte de représentation de l’extrême complexité du réel où, à travers les divers intervenants, se mêlaient espace, temps et société, éclairés par la belle et vaste vision de M. Perret. Et j’ai, pour ma part, beaucoup apprécié le va et vient explicite et implicite entre la théorie et la dure et opiniâtre réalité que le monsieur de Roubaix, confronté à la nécessité quotidienne de « gérer nos monstres  » dans les conflits qui toujours ressurgissent entre nous en faisant allusion à tous les jusqu’au-boutistes qui s’y révèlent immanquablement, a si bien et simplement illustré. Ce qui a donné l’occasion à M.Perret de rappeler que « nos monstres » ne se trouvent pas seulement chez les autres mais aussi, du fait de la contagion violente, en nous-mêmes.
    Merci pour cet essai qui est une belle réussite.

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    1. Bonjour Alain,

      J’ai l’impression que WordPress est à la peine pour éditer et votre commentaire et également un article que Jean-Louis vient pourtant de mettre en ligne. Votre commentaire est bien marqué comme approuvé.

      Bonne soirée, en espérant du mieux.

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  2. Un grand merci à Bernard Perret qui interroge nos potentiels de réaction et d’adaptation face aux graves menaces qui pèsent sur notre avenir.
    Mais cette « démocratie des communs », au fondement d’un ordre nouveau, peut-elle constituer une alternative crédible ? Seule l’imminence d’un cataclysme annoncé, par la peur inédite qu’elle pourrait susciter, impulserait-elle un sursaut salvateur ?
    Et quand bien même nos gouvernants s’accorderaient sur les « bonnes » décisions à prendre, les populations inquiètes accepteraient-elles de suivre docilement la totalité de leurs injonctions ? Un péril généralisé pourrait-il garantir, à lui seul, la diffusion uniforme de l’excellence nécessaire au succès de cet ultime Grand Projet ?
    Car, l’Homme, étrangement mimétique sous certains aspects, sait aussi défendre avec beaucoup d’âpreté un libre arbitre érigé en vertu cardinale par les sociétés modernes. Nos doutes et nos critiques, augmentés encore en périodes troublées, vont à l’encontre d’une acceptation passive, suscitant toujours plus de méfiance à l’égard de nos dirigeants. D’ailleurs, cette résistance immanente nous a parfois sauvés lorsque, pourtant, tout semblait achevé !

    L’auteur insiste sur la nécessité d’un Grand Récit, inscrit non seulement dans un cadre spatial, mais plus encore dans une temporalité où se structurent des horizons vers lesquels voyager. Tandis qu’ont été atteintes les limites du projet de société initié par les Lumières, vers quels espoirs désormais se tourner ? Quel dessein se montrerait-il suffisamment fédérateur pour que l’humanité entière consente à y déposer son devenir et, avec lui, le destin d’une partie de la vie terrestre ?

    Face à ces questions très difficiles, n’y aurait-il pas quelque intérêt à questionner l’Histoire. Quels furent en effet les comportements de ceux qui, par le passé, ont pu traverser de grandes tragédies ? Les sentiments qui ont porté leurs actes ont-ils été altruistes ou plutôt individualistes et la raison l’a-t-elle toujours emporté sur la folie ? Comment le chaos s’est-il un jour mué en un ordre nouveau ? Est-ce par les voix concordantes de grands intellectuels ou bien davantage sous la férule des tyrans ?
    Il ne serait pas étonnant qu’un épais voile mythique recouvre ces moments de crises majeures. Ainsi, rien de surprenant à ce que René Girard ait tant travaillé à l’interprétation des mythes, si loyalement faux qu’ils recèlent en réalité des messages d’une incroyable profondeur !

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  3. Il me semble que le paramètre qui nous rend définitivement obscure toute réponse à ces questions si difficiles est le temps. Le temps de l’analyse historique ou mythique n’a en effet rien à voir avec notre temps d’individu. Ce recul que nous avons, ou croyons avoir sur les résolutions des crises du passé et qui nous les rend, peut-être illusoirement, lisibles ne nous sera jamais donné pour éclairer nos crises contemporaines, pas plus que les êtres qui les ont vécues ne l’ont eu en les vivant dans la douleur et le malheur. Nous sommes condamnés au même aveuglement dans nos actions engluées dans l’angoissante pesanteur d’un temps qui semble nous écraser, avec les mêmes tragiques conséquences. Et, espérons, les mêmes avancées. Mais il s’agit là du long terme qui n’a pas de réalité pour les individus. Seulement pour les générations.

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