Blogue de Bruno Viard

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Nous vous recommandons la lecture du blog de Bruno Viard, lecteur attentif de René Girard, avec qui l’ARM a organisé en 2013 à la BnF le colloque « Girard – Bourdieu, des affinités méconnues ».

Qui est Bruno Viard ?

« J’appartiens à la génération 68 et j’ai vu tomber le mur de Berlin : les deux événements les plus importants dans ma biographie intellectuelle. J’ai donc vécu le communisme comme un idéal et comme un cauchemar.

J’ai fait, cependant, des études de lettres classiques mais je n’ai pas eu la chance, ou la malchance, d’intégrer Normale Sup. C’est donc de façon sauvage que je me suis passionné pour l’anthropologie car le cadre des études de lettres me paraissait trop resserré : Antiquité, préhistoire, ethnologie, sociologie. Ma première grande rencontre intellectuelle fut l’œuvre de René Girard sur qui j’ai fait ma thèse et qui continue à m’inspirer malgré plusieurs réserves. Héritage familial,  Pierre Leroux a pris la place laissée vacante par le marxisme. Parallèlement, j’ai découvert l’œuvre du psychanalyste Paul Diel qui a pris la place de Freud. Je me suis donc trouvé, vers la fin des années 80, en marge des courants dominants. Leroux et Diel sont philosophes autant que penseur du politique pour le premier, autant que psychanalyste pour le second. Je me suis aperçu que leurs pensées se complétaient et permettaient de jeter un pont entre le social et l’individuel. Une troisième découverte vint compléter et confirmer cette idée, celle de L’Essai sur le don de Marcel Mauss.

J’ai d’abord enseigné près de 20 ans en lycée avant d’être nommé à l’Université de Provence en 1989 en littérature française. Ce fut un privilège, mais j’y fus toujours mal à mon aise vis-à-vis de mes collègues marxistes et/ou structuralistes et surtout en raison de l’école buissonnière que je faisais sans cesse en collaborant à trois revues que je qualifierai de dissidentes, le Bulletin des Amis de Pierre Leroux dirigé par mon père, laRevue de psychologie de la motivation dirigée par Armen Tarpinian et la Revue du MAUSS dirigée par Alain Caillé.

Le métissage définit donc la perspective dans laquelle je me place, croisant littérature, psychologie et anthropologie, à quoi j’ajouterai volontiers l’histoire. Cette position m’a placé en porte-à-faux par rapport à la spécialisation qui est de mise à l’université. Elle répond à une ambition anthropologique synthétique, celle-là même que j’exprimerai dans ce blog sous une apparence éparpillée. »

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