Batman et le Joker

« Ceci gâche tout ! Tu n’es plus maintenant qu’un « Bruce » dans un costume de chauve-souris » : le Joker est dépité par la révélation de l’identité de Batman.

Qui ne connait Batman, le justicier nocturne dont la tenue évoque la chauve-souris ? Il est, paraît-il, le préféré parmi tous les super-héros dont la culture populaire américaine a multiplié les figures depuis les années trente (Superman, Wonderwoman, Hulk, etc.) Bandes dessinées, films, séries de télévision, jeux vidéos, Batman est omniprésent.

Il est apparu en mars 1939. Ses créateurs se sont inspirés de Superman, Zorro et… Sherlock Holmes ! Comme tous ses congénères, il œuvre bien sûr dans le camp du bien, porte une tenue spécifique et son identité « dans le civil » est cachée. Batman pourtant se distingue par une caractéristique unique : il est un « homme comme tout le monde », il ne dispose d’aucun pouvoir exceptionnel ; sa maîtrise incomparable des arts martiaux est le fruit d’un entraînement laborieux. Il s’est donné pour mission de ramener la justice dans Gotham, une ville gangrenée par la corruption ; Batman capture les « méchants » et les traîne en justice sans jamais les tuer. Les « méchants » prennent souvent la forme de monstres : l’homme-pingouin, Catwoman, Mister Freeze, Double-Face, etc.

Le pire d’entre eux, et principal adversaire de Batman, est le Joker, un psychopathe qui prend plaisir à semer le chaos et la souffrance de façon gratuite. Visage livide du Clown Blanc, cheveux verts, le Joker a subi une mutilation du visage qui lui fait arborer un perpétuel et horrible sourire ; les auteurs ont puisé ce trait dans le roman de Victor Hugo,  « l’Homme qui rit ».

Batman s’est affirmé assez rapidement dans les bandes-dessinées. Après la guerre, la censure a demandé aux auteurs de modérer la noirceur des méfaits des « méchants ». Une série télévisée des années soixante fait basculer le mythe dans l’autodérision. Puis, dans les années 80/90, quatre films marquants redonnent du sérieux à Batman, tout en maintenant une certaine ironie et des univers fantaisistes. Enfin, entre 2005 et 2012, une trilogie de Christopher Nolan, avec  Christian Bale, devient franchement sérieuse et fait presque de Batman un héros tragique.

*****

La théorie mimétique engendre un critère d’évaluation des œuvres de fiction : ce critère est leur « contenu mimétique ».

Certaines œuvres passent à côté des mécanismes relationnels décrits par Girard. De ce fait, elles sonnent faux et restent artificielles ; elles ne véhiculent que des « mensonges romantiques ».

La deuxième catégorie nous touche davantage. Leurs œuvres y reflètent les lois du mimétisme ; elles nous sont plus proches, plus conformes à la « nature humaine », pour parler comme autrefois.

La troisième catégorie est celle des chefs d’œuvre. Non seulement ils reflètent parfaitement les lois du mimétisme, mais encore ils les révèlent. Ce sont les grands noms auxquels Girard revient constamment : Dostoïevski, Proust, Stendhal, Shakespeare, etc.

Dans quelle catégorie classer les fictions développées autour du personnage de Batman ? Comment se situent-elles à l’égard des mécanismes girardiens : méconnaissance, reflet ou révélation ?

Maxime Sacramento s’est penché pour la question. La revue iPhilo vient de publier une de ses analyses ; en voici le lien :

https://iphilo.fr/category/art-societe/

En complément, un lien vers une étude plus approfondie de Batman (où l’on retrouve des éléments de l’article précédent), toujours avec Maxime Sacramento, toujours avec de solides références girardiennes :

https://quidnovum.blogspot.com/p/monpremier-sappelle-bruce-mon-deuxieme.html

2 réflexions sur « Batman et le Joker »

  1. Le thème me fascine et les références sont passionnantes, et celle d’iPhilo, à tiroirs, se lit avec des rallonges et des comparaisons d’un autre univers fascinant, celui du Seigneur des années. Par analogie, je pense à un autre univers inexploré la BD belge avec ses héros et leurs doubles mimétiques (Blake et Mortimer vs Olrik, ….), et son chef d’œuvre, Tintin, avec cet album fabuleux, à la fin de la production d’Hergé, Vol 714 pour Sydney, où est décrite une rivalité mimétique entre RATSAPOPOULOS, la figure du mal clairement diabolique, dans les albums précédents et le milliardaire à l’aspect de Monsieur tout le monde, CARREIDAS.

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